• • Circulations dans l'ennéagramme d'après Ichazo

     EXTRAIT D’UN INTERVIEW D’OSCAR ICHAZO

    La structure de l’Ennéagramme, 

     les points 9-3-6 du triangle,  la structure 1-4-2-8-5-7,

    et les références à Gurdjieff et Ouspensky.

     

    • Point de vue d’Arica sur les directions, ou Flèches entre les points,

    •  La structure 1-4-2-8-5-7,

    • Quid de l'Ennéagramme de Gurdjieff, et du triangle formé par le 3, le 6 et le 9 ?

    • Théorie d’Arica par rapport aux directions

    • Cette théorie est-elle de différente de ce qui est enseigné par d'autres auteurs ?

     

    Oscar Ichazo :

    « Tous les auteurs de l'ennéagramme travaillent, ou plutôt prétendent travailler avec la structure 1-4-2-8-5-7, plus le triangle 9-3-6. S'ils désirent utiliser des flèches et des directions pour comprendre comment le processus se manifeste de manière ascendante ou descendante, ils doivent avoir recours au troisième modèle de l'ennéagramme, selon la troisième Loi de la Trialectique*, la Loi d'Attraction. 

    L'ennéagramme Gurdjieffien bien connu a été décrit par son auteur comme une combinaison de la Loi de Sept et la Loi de Trois, ce qui est connu depuis le début de la civilisation, mais c'est un fait que Gurdjieff ne parla jamais de ses sources ou de leurs origines, ce qui conduisit par la suite certains de ses disciples modernes à croire que c'est lui qui avait introduit ces lois dans la culture Occidentale. Ces lois fondamentales apparurent à plusieurs reprises dans la philosophie Grecque et Hellénique, comme on peut le voir dans les Oracles Chaldéens (200 av. Jésus-Christ selon le calendrier Julien), qui étaient respectés   comme  des  écritures canoniques. Gurdjieff relia aussi à cet ennéagramme l'échelle musicale, les jours de la semaine, et il théorisa au sujet de la triade comme constituant des "points chocs", et plus particulièrement les points où l'intervalle entre les notes musicales est prolongé et par conséquent affaibli, de telle sorte qu'elles ont besoin d'une énergie supplémentaire pour continuer en ligne droite au lieu de produire une courbe descendante vers un niveau plus bas. Dans l'ouvrage d'Ouspensky, il apparaît une explication supplémentaire sur la structure de cet ennéagramme appliquée à l'organisme humain.  Ici, il utilise une description alchimique des quatre éléments écrits à la façon des Occultistes de la fin du dix-neuvième siècle, en donnant aux quatre éléments la dénomination pseudo-scientifique de 0, N, H, et C. Gurdjieff était préoccupé par ce qu'il appelait les Hs ou Hydrogènes supérieurs. Dans le corps, ils correspondraient à l'entrée de l'oxygène dans les poumons, produisant le processus d'hématose, et cela serait le second "choc"  (point 3  de l'ennéagramme). Le "point choc" 6 est expliqué comme l'absorption d'impressions, ce qu'il n'a jamais clarifié sinon en disant qu'il s'agissait d'énergies subtiles venant de l'extérieur.

     Bien que Gurdjieff ne l’ait pas dit, cela nous rappelle clairement la théorie Atomiste de Leucippe et Démocrite. Il y a aussi l'interprétation Epicurienne des impressions qui surgissent des objets et sont absorbées par nos sens organiques, ce qui provoque en nous l'entrée d'une énergie réelle, nous mettant ainsi en rapport avec la Nature en tant que telle. Cette théorie fut également reprise par Gassendi et par l'Evêque Berkeley pour lequel l'être est ce que nous percevons. Il faut rappeler que la théorie Atomiste de Leucippe et Démocrite a été mal interprétée lorsqu'on a soutenu qu'elle fournissait une explication matérielle de la Nature Primordiale de la matière, évitant ainsi le besoin d'une explication spirituelle dérivant du soit-disant "Idéalisme" de Platon. Les philosophes français du Siècle des Lumières adoptèrent ces explications matérielles de la réalité avec une grande dévotion, et cela fut finalement accepté avec enthousiasme par la science Occidentale jusqu'à l'époque actuelle. Ce qui reste incompris, c'est que pour Leucippe et Démocrite, les atomes étaient des monades spirituelles existant en état d'unité et de transcendance parfaites : ils étaient immatériels, simples, indestructibles, et immortels, appartenant au royaume de l'esprit, de la pensée et du mental, et en aucune manière il ne s'agissait d’ « éléments matériels » ayant une forme et une dimension de quelque ordre que ce soit. L'explication que donne Leucippe est que, grâce à l'interrelation des atomes, la réalité surgit et cela n'est pas ontologiquement différent de la Monade Unique de Parménide et de l'Ecole des Eléates. En tout cas, lorsque Leucippe et Démocrite parlent de l'énergie des atomes, ils se réfèrent strictement à des facteurs spirituels. La même interprétation est re-exposée par Epicure dans le but d'écarter la Loi de Causalité en tant que matrice de la réalité et, bien entendu, l'atomisme du dix-septième siècle de Gassendi et de l'Evêque Berkeley dérive directement de ce point de vue spirituel. S'il n'en était pas ainsi, la théorie des Impressions apparaîtrait comme une description matérialiste concernant l'accumulation d'énergie spirituelle à travers un commerce matériel et sensuel, ce qui, évidemment, est totalement inadéquat. Et les transformations alchimiques dans l'organisme humain qui furent reprises par Gurdjieff et Ouspensky sans se rendre compte qu'elles étaient des métaphores de la transformation intérieure, furent utilisées à l'origine par les alchimistes Egyptiens, qui représentaient ces transformations alchimiques comme quelque chose correspondant à ce qui se produisait dans leurs fourneaux et leurs éprouvettes. Il était bien connu cependant qu'elles étaient des représentations de processus se produisant en réalité dans le corps, et néanmoins des processus d'une nature totalement spirituelle, ainsi que des transmutations transcendantales, où les éléments constituent les quatre moments différents d'un processus complet, formant une unité, comme cela est décrit dans le tetralemme du processus par la seconde Loi de la Trialectique, la Loi de Circulation. Dans la théorie protoanalytique, le modèle de ce soit-disant ennéagramme Gurdjieffien est connu sous le nom de "Sceau Chaldéen" ou Ennéagramme du Processus, et je décris le processus en termes de la conjonction entre les 6 points du temps et les 3 points de l'espace. Gurdjieff savait que c'était un modèle extrêmement important, mais il ne l'a cependant jamais décrit complètement, ne faisant à son sujet que de vagues allusions.

     Il a dit que l’ennéagramme de ce modèle décrit les sept jours de la semaine, mais il n'a jamais dit comment il fallait le lire. En fait, ce Sceau appartient à la vieille Magie Chaldéenne qui vient de la tradition Sumérienne-Acadienne (3500 av. J.-C.). L'importance du Sceau est qu'il établit les ouvertures correctes dans les séries où il est possible de transcender le temps. La compréhension complète de ce Sceau implique des méditations basées sur la transcendance mystique et métaphysique, ce qui constitue un élément de la Formation Rapide d'Arica ( disponible depuis 1997). Pour autant que nous le sachions, Gurdjieff n'a jamais connu ces méditations, qui sont basées sur l’arrêt du mental par l'usage adéquat de la coordination du temps et de l’espace pour acquérir la transcendance. Essayer de se servir de ce modèle avec des flèches et des directions revient à en faire un mauvais usage : c'est un exercice qui ne sert qu’à perdre son temps et à placer les gens dans des labyrinthes qui ne mènent nulle part.

     *Oscar appelle aussi maintenant la Logique Trialectique, la « Logique Intégrale », le terme trialectique, inventé par lui, ayant été repris (comme beaucoup de ses découvertes) par d’autres chercheurs qui l’utilisent avec des approches parfois fantaisistes et n’ayant souvent qu’un lointain rapport avec ce qu’il avait défini précisément par ces termes.

    © Oscar Ichazo.

     

     


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