• • L'ennéagramme sur mon chemin


    Quelques mots sur mon parcours,
    et …Quelques pages sur l’ennéagramme.


    En tant que coach et formateur en développement personnel et professionnel, j’utilise, comme mes confrères, un certain nombre de techniques et de grilles.
    Mon cursus personnel m’a conduit vers la PNL (programmation Neuro-Linguistique), l’AT (Analyse Transactionnelle) le PCM (Process Communication Management) et les cycles de changement d’après Hudson. Lorsque j’ai commencé ces premières formations, il y a maintenant plus de 16 ans, j’ai choisi le Dôjô et je suis, depuis, resté fidèle aux excellents enseignements de Bernard Hévin et de Jane Turner. (En tout, plus de cinq années passionnantes passées avec eux entre 1992 et 2002).
     Il est facile d’approfondir et de mieux connaître les premières approches que j’évoque dans cette présentation, telles PNL, AT, PCM, etc, et aussi de choisir telle ou telle école ou université pour s’y former et d’avoir, cela est bien naturel, ses préférences pour certains enseignants plutôt que d’autres, même si les cursus restent proches. Cela est beaucoup plus ambigu et problématique en ce qui concerne  l’ennéagramme et je voudrais développer, ci-après quelques points qui me semblent importants sinon essentiels, vu la littérature et les stages de toutes sortes qui fleurissent sur le sujet. J’ai découvert l’école Arica et son enseignement en 1974, à travers séminaires et cursus prodigués à Paris par les animateurs reconnus en France par Ichazo, à l’époque, qui étaient Olivier Clouzot, Mitsou Naslednikov et Henri Czechorowski. Qu’ils soient encore remerciés ici de ce qu’ils m’ont fait découvrir. Malheureusement, Ichazo a fermé rapidement certains centres européens et après deux ans d’apprentissage, les formations, en France se sont arrêtées. Nous sommes une poignée à avoir poursuivi le travail, surtout grâce à Olivier qui a toujours continué et continue aujourd’hui encore à transmettre, et qui est, maintenant certifié pour des stages très pointus et spécifiques. (Les deux autres animateurs quittèrent la France, vers la fin des années 70). Pour un certain nombre de stages demandant des connaissances particulières, dont ceux concernant l’ennéagramme, j’ai fait plusieurs fois venir des animateurs Arica de l’étranger, et j’ai organisé des stages à Paris, il y a plus de vingt-cinq ans, lorsque personne ne parlait encore de l’ennéagramme, ni même savait de quoi il s’agissait. Nous n’étions, certes à l’époque, que peu nombreux à suivre ces journées, et il faudrait peut-être se réjouir de voir aujourd’hui, à quel point l’ennéagramme est vulgarisé, enseigné et mis à la portée du plus grand nombre. Quoique ? Tout n’est pas si transparent, ni si positif : Ceux qui en connaissent véritablement les sources exactes et restent totalement honnêtes, et ils ne sont pas si nombreux, savent qu’avant Ichazo, il n’y a rien eu, ou si peu de choses. Le détournement pour en faire un outil facile à vendre et à vulgariser nécessitait que l’on attribue la paternité de l’ennéagramme à des auteurs antérieurs à Ichazo. Malheureusement, pour les plagiaires, on ne trouve rien de compréhensible chez Gurdjieff (c’est surtout Ouspensky qui l’évoque lors de quelques pages fumeuses et n’ayant réellement rien à voir avec les 9 fixations de l’ego définies par Ichazo), et rien de plus chez Mouravief. Quelques traités « arithmosophiques » plus anciens représentent parfois des étoiles à neuf branches (ce qui est normal : chez tous les symbolistes et ésotéristes, il y a des étoiles à 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12 branches,…Etc, et les bouquins maçonniques et alchimistes en donnent les significations les plus recherchées et intéressantes… ), Mais toujours rien sur les 9 types de fixations de l’ego ! Il n’y a là rien de bien « palpable ». Ne parlons même pas des « Pères du Désert », des Soufis, ou même de Pythagore, parfois cités, pour éviter d’en rire sinon d’en sourire. Pourquoi alors prétendre que l’ennéagramme (on lit cela souvent) a plusieurs siècles d’existence ? Hélène Palmer, psychologue reconnue aux States et ailleurs, qui s'est rapproché sans doute il y a bien longtemps de Claudio Naranjo, le premier et principal vulgarisateur et plagiaire d'Oscar, a développé le modèle « à son idée » et s’en est largement attribuée la paternité. Elle s'est même "auto-proclaméé" dans certains médias "la Reine de l'Énnéagramme" ! Elle écrit même dans une préface récente d’un livre sur l’ennéagramme: "L'Ennéagramme est sans doute le plus ancien système de développement humain et, comme toutes les voies authentiques vers la conscience, chaque génération lui redonne vie en y apportant sa vision du monde. Grâce à sa valeur universelle, l'Ennéagramme a traversé les âges, telle une graine ayant la capacité de fleurir dans les fractures de l'histoire de l'humanité chaque fois que le besoin s'en est fait sentir. Sa mission accomplie, il s'endort à nouveau, alors que notre attention s'est portée ailleurs." Beau tour de passe-passe pour éliminer l’inventeur ! Comme il est finalement impossible de trouver des sources humaines sûres et tangibles avant Ichazo, faisons donc de l’ennéagramme, une espèce de joyau mystique et métaphysique, au-delà des époques, qui apparaît et disparaît au gré des besoins essentiels de l’humanité… C’est amusant de la part de personnes qui ont tenté d’affubler Ichazo d’une casquette de « mystico-glinglin » pour le décrédibiliser. Par contre le processus est intéressant à étudier : citons ces quelques extraits de L'ontologie du faux de Roger Pouivet : « Tout l’intérêt du faussaire, celui qui fait sciemment une fausse attribution, qui ment donc, est de donner l’impression que l’authenticité est liée à l’essence individuelle de la chose. Son « flair » lui permettrait de déceler la présence de cette essence individuelle… (mais) dès lors, la seule justification possible de l’authenticité est l’enquête historique. Ce n’est pas grâce à une intuition merveilleuse que des personnes inspirées saisissent l’essence individuelle d’un objet. C’est pourtant ce que le faussaire suggère pour couper court à l’enquête historique qui pourrait le démasquer …Si les idées qui viennent d’être esquissées sont correctes, certaines conclusions peuvent être tirées. Premièrement, rien n’est authentique sinon sous une description attributive. Donc, l’authenticité est une propriété extrinsèque. Deuxièmement, une ontologie du faux pour laquelle l’authenticité d’un objet a partie liée avec son essence individuelle n’est pas pour déplaire au faussaire. Le faussaire est donc moins celui qui fait un faux que celui qui attribue à un objet la propriété de ne pouvoir être que de y, tout en sachant que ce n’est pas le cas. Pour le faussaire, la fiction métaphysique des essences individuelles accompagne fort bien son prétendu « flair … ». Troisièmement, la seule façon de déterminer l’authenticité d’une entité autographique est d’en faire l’histoire afin de s’assurer de la probabilité qu’il soit bien l’œuvre de celui auquel il est attribué (Pouivet, 1992).»
    Olivier Clouzot a publié « L’ennéagramme à la lumière de l’Ennéagone » (dont il est l’auteur) et « Aux Sources de l’Ennéagramme » (de Michel Savage).
    C’est seulement après avoir suivi des cursus actuellement disponibles en France sur l’ennéagramme, que Michel Savage a découvert Arica, et a fait dans cet ouvrage une rétrospective claire et brillante de l’approche d’Ichazo. Cette recherche l’a amené courageusement à revoir ce qu’il avait appris ailleurs et à le remettre en question. On touche là, à un des points essentiels, à mon avis. Pour ceux qui n’ont pas pris connaissance de l’enseignement d’Ichazo, dont l’ennéagramme n’est qu’une partie, il a été nécessaire de construire, voire d’inventer des clés pour décoder le système, et malgré le talent de certains chercheurs, beaucoup sont tombés dans le travers classique du préhistorien tentant de reconstituer un squelette de diplodocus à partir d’un petit os de poulet trouvé dans son jardin ! Le symbole d’étoile à neuf branches est joli, un peu ésotérique, voire fascinant, propre à l’invitation tentante et bien à la mode d’y voir une clé universelle de compréhension et de sagesse ! un talisman ! un Graal ! etc… … Mais, même lorsque l’ennéagramme est attribué à Gurdjieff et que l’on tente d’en faire son « secret des secrets », on fait encore fausse route. Pour exemple, un très intéressant numéro de la revue « Question de » était en 1982 consacré à Gurdjieff. (Novembre-Décembre-N°50). Je cite cette revue et l’année de sa parution, car on était encore à l’aube de la mode de l’ennéagramme, et aussi parce qu’un certain nombre de « valeurs sûres » sur le plan de la connaissance de l’enseignement de Gurdjieff y avaient publié des textes. (Entre autres Michel de Salzmann qui fut sans doute le fils de Gurdjieff, dans un très bel et passionnant article intitulé « Les miettes du festin ») et aussi Pierre Schaeffer, Henri Tracol, James Moore, Jacqueline Kelen, etc). Dans cette parution importante qui parle de l’enseignement de Monsieur Gurdjieff, qui recherche des possibles (et très critiquables) sources soufis dans cet enseignement, et qui propose, de plus, un texte inédit « première initiation » de Gurdjieff lui-même, on cherchera vainement une allusion à l’ennéagramme. Le mot n’y figure même pas une seule fois. Et c’est sans doute le cas d’un bon nombre de publications consacrées à George Ivanovitch Gurdjieff, si tant est qu’elles aient été éditées avant les années 80, avant donc le grand engouement pour l’ennéagramme. Dans la voie proposée par Gurdjieff, la place (peu signifiante) de l’ennéagramme reste anecdotique. Dans l’enseignement Arica, l’utilisation de l’ennéagramme fait, par contre, partie d’un tout, et il est évident que ceux qui ont été tentés d’en faire une clé holistique et séparée du reste, ont du mal aujourd’hui à abandonner les théories complémentaires et souvent labyrinthiques (dixit Ichazo) qu’ils ont dûes élaborer pour l’utiliser et l’expliquer. Souffrance intellectuelle de lâcher « son bébé » ou manque à gagner ? difficile à dire, et cela est dommage dans tous les cas, car tous, des plus honnêtes et passionnés jusqu’aux plus « commerçants » auraient sans doute à y apprendre. Je suis sûr, par exemple que tous seraient passionnés par la connaissance et l’utilisation de la « trialectique ». La trialectique (ou Logique Intégrale), est le nom qu’a donné Ichazo, (après l’avoir formalisée et en avoir écrit les lois) à une logique holistique de pensée, dépassant et englobant la logique aristotélicienne et la logique dialectique et qui constitue un nouveau paradigme d’appréhension et de compréhension de la réalité. La trialectique est indispensable pour comprendre l’ennéagramme tel que l’a conçu Ichazo. C’est une des clés permettant de saisir les mouvements entre les fixations et expliquant comment le modèle évolue.
    Un dernier mot sur les utilisations et les enseignements de ces techniques. Ichazo a intenté, à une époque, un certain nombre de procès dirigés contre les principaux acteurs de ces détournements. Il les a perdus, et probablement qu’il n’a pas voulu s’acharner contre un mouvement de vulgarisation qui le dépassait. On lui a reproché d’avoir voulu mettre des copyrights partout, et c’est, cette fois des procès d’intention, bien hypocrites. Ichazo s’est ulcéré d’avoir été pillé, certes, mais surtout « mal pillé » ! Lors d’interviews où on lui demande ce qu’il pense des personnes et des formateurs utilisant ses enseignements dans des stages d’entreprises ou de développement, il répond simplement « c’est fait pour cela ! ». Encore faut-il, sans doute transmettre le plus honnêtement et complètement ce qu’il a découvert et voulu faire connaître . Car on peut adhérer à Arica grâce à une modique cotisation annuelle. C’est ouvert à tous, et cela n’a rien, ni d’une secte, ni d’un cercle fermé jaloux ou élitiste. C’est une association et Ichazo n’en est qu’un membre. Les stages et techniques que l’on peut se procurer, et acheter sur le site sont beaucoup moins chers que beaucoup de cursus détournant l’invention originale d’Ichazo et la complétant par des inférences douteuses. Chaque fois que j'en l'occasion, je dirige les personnes manifestant un intérêt certain vers Olivier Clouzot ou vers le site de l’école Arica (http://www.arica.org). Un certain nombre de chapitres en français sont accessibles sur ce site. Les traductions agréées par l'école Arica ont été réalisées par l'équipe française de traduction, coordonnée par Olivier Clouzot. Je suis toujours très heureux lorsque des personnes découvrent ainsi Arica, et je suis aussi très reconnaissant à Oscar Ichazo de m’avoir permis de faire ce travail. Je remercie également Olivier, qui n’a pas eu les moyens médiatiques de beaucoup de vulgarisateurs publiés sur papier glacé, et qui ne les a d’ailleurs pas recherchés. Il a, depuis trente ans, gardé allumée la petite flamme connectée avec Ichazo, et a fait un travail d’adaptation et de traduction considérable et brillant dans un esprit proche de la devise Zen , « sans but, ni esprit de profit ». Je suis toujours très heureux lorsque des formateurs ayant suivi d’autres cursus avec l’ennéagramme découvrent Arica et acceptent d'enrichir leur pratique en puisant à la source. Je pense, enfin, que la trialectique ou ses concepts peuvent être étudiés sans l’ennéagramme (contrairement sans doute à l’inverse) et qu'en développer les effets dans différents domaines, permettrait à l'humain de progresser plus vite sur le chemin indispensable et souhaité de "l'Humanité-Une", stade possible d'un nouveau paradigme de paix et de partage, dont l'avènement semble indispensable pour sauver la planète.

    NOUS SOMMES UN.
    (mantra de base de l'École Arica).

    Jean-François BEDEL.

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