• MA VIE DANS L’ÉCOLE : 

    Comment les formations d’Arica concourent à

      l’écroulement de nos fixations égotiques 

     

     

    par Lawrence Stentzel

     

    Entrée dans l’École

     C’est au cours de l’été 1975 que j’ai suivi la formation des “ Quarante Jours d’Arica ”, à Lyndonville, Vermont – telle fut mon introduction formelle à ce qu’Arica appelle le “ Travail ”. J’avais abouti à l’Ecole après des années de recherches. Je lisais Alan Watts, Aldous Huxley, William James, Hermann Hesse, D.T. Susuki, Ram Dass, Krishnamurti, et P.D. Ouspensky quand j’étais étudiant. Et j’avais pratiqué le yoga et l’assise zen durant mes études de philosophie au Windham College. J’avais vécu aussi des expériences d’états altérés de conscience, dont une NDE, c’est-à-dire une expérience de sortie du corps, qui m’avait procuré la conviction inébranlable que la conscience n’est pas dépendante du corps. Lorsque j’ai rencontré Arica, je ne pouvais pas décrire la nature de ma Fixation, ni comment elle fonctionnait, mais j’étais très conscient de ma souffrance. Parce que j’avais goûté à la transcendance, je savais intuitivement que j’avais besoin d’une Connaissance Objective, d’un Instructeur, et d’une communauté de gens travaillant dans la même direction.

     

     Cet article n’est pas un compte-rendu des formations d’Arica en elles-mêmes, mais plutôt une description de l’impact qu’elles ont eu sur moi, de leur efficacité pour réduire mes mécanismes égotiques, et des changements qui en résultèrent dans ma vie. Cette description de ma traversée des formations d’Arica couvre vingt-deux ans, et ce texte ne peut donc être qu’une esquisse, qu’un survol de ce que j’ai vécu. Chaque individu qui effectue ce travail a une histoire différente à raconter. Si les résultats des formation d’Arica sont universels, ce qui ne fait pas de doute pour moi, ils se manifestent et s’expriment aussi dans une trajectoire spécifiquement individuelle.

     

     En 1974, bien longtemps avant que tout le tintamarre autour de l’Ennéagramme des Fixations ne débute, Oscar Ichazo disait au cours d’une interview de Sam Keen dans Psychology Today : “ Nous n’avons aucun désir de renforcer l’ego ou de le rendre heureux. En dehors de l’illumination, il n’est pas possible d’harmoniser ou d’unifier la psyché. Quand l’être humain se trouve relié à son essence, il sait qu’il fait partie de l’unité divine. C’est à ce moment seulement que l’épouvantable aliénation de l’ego disparaît, avec ses stratégies de défenses et ses peurs. Il n’y a pas de paix à moins que l’on ne soit dans la conscience divine ”.

     

     Et ceci n’est donc qu’un bref récit de la façon dont Arica a aidé quelqu’un à goûter le Divin et à vivre dans la paix d’une conscience qui s’est peu à peu libérée de l’emprise des Fixations.

      

    Souvent, je regrette que dans ces décennies de matérialisme forcené, alors que les gens n’ont pas de temps pour eux-mêmes, nous ne puissions plus offrir les formations résidentielles de six semaines, telles que celle des “ Quarante jours d’Arica ” [1]. Cette expérience déterminante a marqué un tournant dans ma vie. Au cours de cette formation, nous pratiquions des exercices physiques et émotionnels, des méditations, et un travail de groupe de huit à dix heures par jour, du lundi au vendredi. Le week-end, nous vivions des échanges et des processus de groupe sans structure pré-établie, la moitié en “ silence objectif ”, en communiquant seulement avec les yeux, par le toucher, et au moyen du mime. L’intensité de ce contact direct avec les autres était soutenue par des méditations et des exercices, tandis que le discours constant et perturbant du mental était dompté par le travail lui-même, et par des outils tels que les répétitions mantramiques.

      

    La Psychocalisthénie [2], une séquence de mouvements basée sur des rythmes respiratoires, et d’autres exercices physiques, alliés à un régime végétarien très sain,  produisirent en moi une sensation électrisante de vitalité. Et si nous n’apprenions pas encore quelque chose au sujet de nos Fixations individuelles, la théorie néanmoins nous était enseignée avec cette qualité de transparence et de bon sens qui la caractérise.

      

    Un jour, au cours d’une session de travail de groupe centré sur le Pôle de l’Unité des “ Systèmes Hypergnostiques ” [3] ,une femme décrivit une expérience qu’elle avait vécue, pendant laquelle elle s’était trouvée en dehors de son corps. Sa description déclencha une réaction anormale en moi et je me sentis envahi de peur, de confusion, de honte, et de tension liée à un incident remontant à l’âge de quinze ans et que j’avais oublié depuis longtemps. Les membres du groupe ayant remarqué la pâleur soudaine de mon visage, alors que je commençais à trembler, ils m’aidèrent à retrouver le souvenir suivant. Tandis que je courais devant deux amis en descendant une piste de terre, je me vis soudain par derrière, et je vis mes deux amis accourant vers moi et rattrapant mon corps qui s’effondrait par terre et qui commençait à rouler. Ma position avantageuse se modifia instantanément et je me retrouvai surplombant directement mon corps, observant de là-haut mes deux amis paniqués qui ne parvenaient pas à me ramener à la conscience. Tout était très paisible et je me sentis d’abord non concerné par le spectacle qui s’offrait à moi. Je savais d’une certaine façon que je pouvais me retirer de cette existence, mais il me manquait une compréhension importante bien qu’informulée, une compréhension qui m’avait jusqu’alors fait défaut et dont j’avais pourtant besoin. Une vague de remords m’envahit alors à l’idée de n’avoir pas tiré parti de la plus précieuse des chances – une opportunité qui toutefois demeurait ineffable. Immédiatement après, j’étais à nouveau dans mon corps, tous mes muscles tendus, désorienté et en état de choc.

      

    En tant qu’adolescent, mon seul cadre de référence pour juger de cette expérience était les catégories de la santé mentale et de la folie. Je n’en parlai donc à personne. Comment l’aurais-je pu ? Aujourd’hui cependant, le fait que ma conscience ne dépend pas de mon corps est une certitude enracinée dans cette expérience que le travail sur les “ Systèmes Hypergnostiques ” m’a permis de retrouver et de réinterpréter.

      

    L’état d’esprit que ce travail déclencha en moi fut si profond, impressionnant, clair, libérateur, et joyeux que je n’avais qu’une hâte, celle de m’efforcer à revivre un tel “ sommet ” en participant à une nouvelle formation d’Arica. Les “ Domaines de Conscience ” enseignés dans le centre Arica de Manhattan, devaient m’en donner l’occasion, et je laissai tomber mes cours universitaires pendant trois semaines de façon à participer à cette formation. 

      

    Les Domaines de Conscience 

      

    L’enseignement portait sur les neuf Domaines de Conscience*, chacun ayant une « dichotomie »* et un « habitant »* ou envahisseur du mental. Les « Domaines » étaient enseignés au moyen d’exercices de théâtre et d’un travail appelé « nettoyage de karma » qui était pratiqué en groupe dans la journée et individuellement le soir. Nous apprenions comment chaque Fixation* est enracinée dans l’un des neuf domaines et se manifeste de manière dualiste dans notre psyché et dans ses interventions extérieures. Cette vision de base concernant la nature dichotomique des fixations est d’une grande sagesse, et elle s’est avérée une connaissance durable et d’une valeur inestimable que j’ai acquise dans l’École Arica.

      

    Nous apprenions aussi des techniques de méditation d’avant-garde, tout en continuant à pratiquer les méditations apprises au cours de la formation de 40 jours* sur les Systèmes Hypergnostiques*. Oscar Ichazo donna des conférences au cours de ce séminaire, et ce fut ma première approche de sa personne. Je fus vraiment impressionné: son élégance et son économie de mouvements, son esprit et sa clarté, son humilité et sa maîtrise totale des sujets traités suscitèrent en moi une impression profonde que je ne pourrai jamais oublier. La Cérémonie d’Entrée dans l’École nous fut proposée à la fin de la formation.

      

    Au cours du travail de perfectionnement que nous faisions, j’avais une compréhension claire de ma « mécanicité », de ma programmation rigide, source de peur et d’auto-dénigrement, et je pouvais percevoir directement combien j’étais enfermé à l’intérieur de la prison que constituent ma structure et mon fonctionnement égotiques. Je me voyais si clairement, sans mes défenses habituelles, que je fus extrêmement déçu par moi-même, rempli de remords et éprouvant de profonds sentiments de dévalorisation. J’étais immature, je n’avais pas de talents professionnels et je n’avais pas réalisé le moindre accomplissement, rien dont je puisse me vanter en tous cas, ce qui me laissait totalement dépourvu de confiance en moi. Mon essence apparaissait comme une vague présence sous une croûte de tampons protecteurs et de prétendues identités.

      

    Je cherchais désespérément à trouver mon centre, à entrer dans le courant, à établir des rapports réels avec mes camarades de formation. Mais je me sentais découragé par des années de labeur et d’épreuves innombrables que j’imaginais nécessaires à l’accomplissement de ce désir inné. Je ne me sentais pas à la hauteur de la tâche, je me croyais indigne du but à atteindre. Mon désespoir était si extrême que j’allai m’asseoir un jour sur le rebord du toit de mon hôtel, mettant désespérément en doute la valeur de ma vie.

      

    Au fur et à mesure que la formation me donnait les moyens d’établir le contact avec ma véritable nature, avec mon être essentiel, le détachement et l’observation de soi s’en trouvèrent facilités. Je pris conscience que si quelque chose devait effectivement mourir, ce n’était pas mon corps, mais bien plutôt ma fausse identité, ce « moi » artificiellement construit. Il était clair que mon faux moi, ou ego inférieur, était la source de mon immense souffrance, comme une cellule cancéreuse dans le corps de l’humanité. Je pris la résolution de le détruire complètement. Cette décision devint mon devoir absolu envers Dieu et envers l’Humanité. J’eus alors le sentiment que j’avais déchiffré et compris le vieil adage concernant le voyage spirituel : mieux vaut ne pas commencer, mais une fois qu’on a commencé, mieux vaut aller jusqu’au bout. Je dus affronter le désespoir à plusieurs reprises et de différentes façons sur mon chemin d’évolution, mais je ne fus plus ,jamais enclin à douter de la valeur de ma vie. Comprendre les Fixations de l’ego*, et comment on peut les transcender, devinrent une part importante de ce qui donnait un sens à mon existence. (Dans un but de concision, je ne vais mentionner que ma fixation principale, l’Idéaliste, le 7, mais je demande au lecteur de garder à l’esprit que dans la théorie d’Oscar nous avons tous une Trifix, c’est-à-dire une fixation pour chacun des trois instincts, et qu’en fin de compte nous avons tous les neuf fixations à l’intérieur de nous).

      

    Du point de vue d’Arica, il est extrêmement difficile de décrire la subtilité avec laquelle les fixations s’emparent de notre conscience. Il ne s’agit pas seulement d’un style de personnalité, d’une forme d’introversion, pourrait-on dire, selon laquelle une personne regarde à l’intérieur d’elle-même, avec timidité peut-être, et qu’elle réfléchit. Ce n’est pas non plus une simple dénomination qu’Arica donne aux fixations. Être appelé un Idéaliste, par exemple, pourrait induire l’idée d’un rêveur, d’une sorte de Saint Bernard qui, plein de bonnes intentions, n’a jamais vraiment les pieds sur terre, et que ses rêves irréalisables finissent par mener à la frustration et à l’arrogance. Bien que ce genre de description, et plus encore, puisse être vrai, cela ne concerne pas le cœur de la fixation et reste une description superficielle de ce qui est en fait un état profondément existentiel, et même ontologique. L’attache de l’ego fixé est si tenace que toutes les ressources métaphysiques, les méditations et les rituels d’une école mystique sont requis pour commencer à la briser. Comme le dit Oscar dans son interview de 1973 à la revue Psychology Today, à propos de ce qui est nécessaire pour dissoudre la fixation du Chercheur, le 9 : « L’idée corrective de l’Indolence, passion qui caractérise la fixation du Chercheur, est un remède qui guérit également tous les autres egos : c’est l’idée de Saint Amour (Amour Divin). L’amour commence quand un être humain contemple la création et rend grâce à Dieu. L’Esprit Saint prend véritablement soin de l’univers : il est le principe actif d’amour dans toute chose. Et ce n’est qu’en établissant un contact avec cet esprit que l’indolence de l’ego se transforme en amour actif. L’amour saint brise l’indolence et élimine le sentiment de séparation. C’est grâce à l’amour saint que l’on comprend que les lois qui gouvernent la réalité ne sont pas froides, en dépit de leur objectivité, puisqu’elles permettent la création de la vie organique, laquelle obéit à un dessein cosmique. »

      

    Je réalisai que si je voulais atteindre mon but, l’illumination, et transcender du même coup la prison de mes processus égotiques, il me fallait m’engager sérieusement dans le travail spirituel. Je n’avais pas d’autre alternative. Aucun autre chemin ne me paraissait aussi attirant, aussi adapté à ma curiosité et à ma pensée critique d’Occidental. Je décidai alors de suivre l’ensemble des formations de l’École Arica.

      

    Oscar Ichazo décrit ce qu’il a appelé la « Ligne de l’École » de la façon suivante : « En Protoanalyse, la ligne des formations de l’école est constituée de neuf niveaux progressifs d’enseignement, qui correspondent aux neuf sphères de la connaissance du point de vue du développement psychique et de la maturité, à travers l’atteinte et l’ouverture des différents niveaux d’être, dont on fait l’expérience de façon systématique et selon un ordre pré-établi. »

      

    En me rendant chez mes parents, en Octobre de cette année-là, j’anticipais les retrouvailles tendues et rigides avec mon père, chacun de nous dissimulant sa vulnérabilité derrière le formalisme de la poignée de main traditionnelle et sans danger. En arrivant, je fus effectivement confronté à l’impénétrable barrière que constituait la main tendue de mon père. J’écartai cette main, avançai d’un pas et serrai mon père dans mes bras. Bien qu’aucun de nous ne voulut montrer qu’il avait les larmes aux yeux, nous avons compris tous les deux que nous venions, dans ce court instant, d’exorciser de vieux démons.

     

     Les années de pratique

     

     Quelque temps après, je vivais à San Diego dans une maison communautaire d’Arica qui était constamment la maison du dernier arrivant dans notre petite communauté. C’était un environnement interactif extrêmement curieux à observer, avec un renouvellement rapide de ses membres, un endroit pour travailler et faire évoluer le « karma ». Le Karma est un mélange de distortions cognitives, de croyances astreignantes, de charges émotionnelles et d’illusions, de tensions et de douleurs physiques, de manque d’énergie interne et de souffrances sexuelles, et enfin d’égarement spirituel et de dualité.

     

     Une équipe d’animateurs Arica venant de New York, et qui avaient travaillé avec Oscar, parcourait le pays pour présenter le Rituel des Neuf Voies du Zhikr, et finit par arriver dans notre communauté de San Diego. Comme dans toutes les traditions du Zhikr, il s’agit, dans celui d’Arica, de répéter le nom de Dieu de neuf façons différentes. Nous étions environ quatre vingt personnes participant à cette formation, et nous découvrîmes un générateur d’amour à propulsion nucléaire – c’était inouï ! Mr Ichazo disait de cet entraînement : « Pratiquer le Zhikr, c’est célébrer le nom de Dieu. C’est une méthode classique pour atteindre un état où la conscience est libérée... Le but du rituel est de produire un état d’extase, qui se manifeste lorsque votre conscience se réduit à un seul point immobile, tandis que le Zhikr continue avec toute la force de son mouvement chanté et dansé. Le zhikr enseigné par Arica est plus puissant que les différents zhikr des sectes soufies, parce qu’il inclut les neuf façons de le pratiquer. »

     

     En janvier 1977, nous fûmes informés que les Aricains de tous niveaux dans le Travail allaient pouvoir suivre le sixième niveau d’enseignement de la Ligne de l’École, le Rituel de la Chaleur de l’Alpha*. Dans ses conférences introductives aux formations d’avant-garde de l’École, Oscar Ichazo disait : « C’est à ce stade que nous commençons avec la chaleur sacrée, que nous appelons la Chaleur de l’Alpha. Au Tibet, elle est connue sous le nom du feu Tumo. Ce n’est pas une petite affaire. Une fois de plus, nous nous trouvons à un niveau où tout doit être soumis à un rituel. La Chaleur de l’Alpha est un rituel, il ne peut pas en être autrement. Car maintenant vous allez affronter votre propre conscience en combat singulier. Elle doit vous apparaître comme une ennemie, vous devez vous battre contre elle. A la fin nous appelons cela le mouvement de la chaleur de l’Alpha. En réalité, il s’agit de Tadyatha, la pleine conscience qui survient et gagne. Ce qui signifie qu’elle ne s’assoupira plus jamais : elle connaît le jeu. »

      

    J’étais transi de peur, et en même temps aussi déterminé qu’un samouraï pour accomplir le rituel de la chaleur de l’Alpha. Les méditations, qui commencent avec trois répétitions du rituel, me prirent neuf heures le premier jour. Je m’arrêtai de fumer, ce qui, déjà, représentait un combat. Finalement, après six semaines, j’avais de réelles inquiétudes. Si ma conscience ne devait plus jamais dormir, c’est-à-dire ne devait plus rester anesthésiée dans son karma, cela signifiait que je ne pourrais plus faire l’autruche en enterrant ma tête dans le sable pour enfouir ma douleur. Ce fut une prise de conscience effrayante, comme de réaliser que le seuil limite de la douleur conduisant à l’évanouissement a été aboli et qu’il n’y a plus de borne, la douleur pouvant atteindre n’importe quelle magnitude d’intensité. Ce niveau de conscience de soi exige une responsabilité inimaginable.

      

    Durant le rituel, on visualise une jeune guerrière rouge (la Vajra Yogini du Bouddhisme tibétain), portant un diadème orné de crânes représentant les « habitants » psychiques des domaines, et un collier autour du cou formé de têtes coupées représentant les neuf fixations de l’ego ; elle tient d’une main une épée qui tranche toutes les illusions, et de l’autre la coupole d’un crâne remplie du sang des passions de l’ego mort. Les méditations demandent une concentration incroyable, l’attention étant fixée sur les trois canaux internes (actif, réceptif, et central) et sur la visualisation de la lumière et de la chaleur dans les neuf points du corps correspondant aux systèmes Hypergnostiques, le tout avec une respiration abdominale lente et précise.

      

    Ma visualisation des couleurs devint vive, brillante, radiante et claire comme du cristal. La chaleur est quelque chose de tangible. Elle avait un effet dépuratif en purifiant mon corps, et elle me faisait vivre une mort ritualisé de l’ego. La vie ne serait plus jamais la même.

      

    En août 1977, j’allai m’établir à San Francisco, je trouvai un emploi dans un café et je commençai à suivre des cours de Taï Chi Chuan avec Benjamin Lo, lui-même étudiant du Maître Cheng Man-c’hing. Une des choses qui m’avait attirée dans l’École Arica était la « conscience du Kath » qui donnait aux Aricains que j’avais rencontrés leur enracinement et la grâce de leurs mouvements. En Chine, cette qualité est décrite comme résultant de la pratique du Chi, qui permet la descente de cette énergie dans le t’an tien, le point situé trois doigts au-dessous du nombril (appelé point kath dans Arica). Le Chi est une énergie intrinsèque, associée au sang et à la respiration, reconnue comme la mesure de la force dans les arts martiaux non-violents (Shing Yi, Pa Kua, Taï Chi Chuan) et comme la mesure de la santé en médecine traditionnelle chinoise. Dans les arts martiaux japonais, cette énergie est nommée le Ki, et le centre de gravité dans l’abdomen est nommé le hara.

      

    Le passage du siège de la conscience de la tête vers le point kath (t’an tien, hara) est fondamental dans l’École Arica. Se centrer dans le kath apaise le mental et protège la psyché des effets résultant des facteurs stressants habituels. On devient à la fois conscient de tout son corps, enraciné dans le sol, présent à l’environnement, en équilibre comme une balance de précision, et capable d’accomplir des mouvements difficiles avec aisance et une immédiateté instinctive. La fixation de l’ego est comme suspendue, momentanément dissoute en quelque sorte, lorsque l’attention est centrée dans le point kath.

      

    En supplément à de puissants exercices d’Arica conçus pour développer cette conscience du kath, tels que les exercices de régénération du kath, qui font partie de la routine quotidienne, Oscar a toujours encouragé les membres de l’École à étudier et pratiquer les arts martiaux.

      

    Dès le départ, je fus sensible au pouvoir d’ancrage du kath. J’étais alors serveur à San Diego, et les remarques grossières, exigeantes et péjoratives des clients me traversaient sans m’atteindre parce que je les percevais comme de simples signaux pour que je fasse correctement mon boulot en restant centré – le résultat fut qu’il n’y eut bientôt plus de verres renversés ni de collisions dans mon comportement. Mon monde intérieur s’était transformé : je ne me sentais plus inférieur, mais j’éprouvais une jubilation toute nouvelle de me sentir porté par le courant.

      

    Plus tard, alors que j’avais repris mes études à plein temps, je suivis la formation individuelle du cinquième niveau, l’Ouverture de l’Oeil de l’Arc-en-ciel*. Elle correspond à l’éveil du témoin permanent, avec ses capacités d’auto-observation, ce qui implique un travail ritualisé au moyen de méditations très sophistiquées, cette fois sur les Domaines de Conscience, avec une analyse poussée de chacune de leurs dichotomies.

      

    Les neuf domaines de conscience nous donnent les mensurations objectives de la psyché en établissant clairement qu’il y a pour tout être humain neuf types d’environnement psycho-social qui sont les projections des neuf systèmes psycho-corporels, ou systèmes hypergnostiques. Ces derniers sont composés des trois instincts (Conservation, Relation, Adaptation), des quatre  fonctions (Espace, Temps,  Expression, Coordination), et des deux pôles (sexuel et spirituel), et des systèmes anatomiques qui les constituent (gastro-intestinal, cardio-vasculaire, système nerveux central, système osseux et musculaire, peau et lymphe, cordes vocales, système nerveux parasympathique, système sexuel, et système nerveux sympathique).

      

    A l’intérieur de chaque domaine, il y a une dichotomie (par exemple, la position inférieure et la position supérieure dans le domaine du pouvoir et de l’autorité), dichotomie dont la nature reflète le niveau de développement en fonction du degré de conscience et de maturité. Les extrêmes et le déséquilibre au sein de la dichotomie – en termes d’une harmonie troublée entre les pôles yin et yang – vont déterminer l’étendue des processus égotiques et de la souffrance qui en résulte. Dans le domaine du travail et des activités, par exemple, le fait d’en faire trop ou celui de rester indifférent par rapport à la tâche à accomplir, correspondent à des extrêmes qui trahissent deux positions de déséquilibre, tandis que le fait de rester en fonction en travaillant sans effort et de manière décontractée correspond à la Voie du milieu prônée par Gautama le Bouddha, et équilibre la dichotomie de manière à clarifier le domaine du travail. Dans le domaine du pouvoir et de l’autorité, c’est le fait de ne se considérer ni supérieur, ni inférieur, et de cultiver une position de respect envers soi-même et de modestie qui correspondra au juste point d’équilibre. La relation vraie entre le yin et le yang est définie par Mr. Ichazo comme « l’amour du complémentaire ».

      

    Formations de transition 

     

     Lorsque je suivis la formation Kinérythme*, j’étais débordé de travail pour terminer mes études universitaires, mais je trouvai pourtant le temps de participer cinq soirs par semaine à cette méditation très intense, consistant à coordonner des pratiques respiratoires avec des mouvements kinestésiques associées à différentes formes de concentration. Au début, c’était extrêmement difficile, presque une torture, mais en développant un peu mes facultés grâce au travail pratique, mes pensées parasites se trouvaient désintégrées, rejetées par le pouvoir des divers éléments sur lesquels je devais me concentrer. En fait, cet état de concentration totale imprégnait complètement la méditation et nettoyait ma vie, me permettant de relier des événements multiples sans relâchement de la focalisation. Je fus en mesure d’obtenir mon diplôme au cours de ce semestre.

      

    J’étais très sensible à ce que disait Oscar : « Kinérythme est un exercice sacré qui évoque l’état d’extase, il fait chanter votre cerveau ». Il disait aussi :  « C’est un exercice qui vous procure un contrôle complet sur votre imagination. » 

     

     La même année, j’ai fait Pneumorythme* qui est une technique nécessaire pour développer notre conscience corporelle en utilisant la respiration et le comptage rythmique des battements du cœur. Cette formation a eu une incidence sur ma vie à bien des égards, mais le plus probant pour moi fut l’ouverture émotionnelle que j’ai vécue, laquelle devint manifeste dans ma vie à travers ma relation avec les autres et mon partage émotionnel avec eux. A ce stade, j’abordai ma communication avec autrui de manière plus profonde et plus significative, et je me dépouillai de mon sentiment désespéré de solitude, en sorte que mes moments de vie privé devinrent des choix plutôt qu’une source d’affliction, et que ma vie émotionnelle commença à combler ce qu’elle avait d’inachevé.

      

    La formation d’Arica que je suivis ensuite fut Psycho-alchimie*. L’alchimie est une méthode ancienne de développement spirituel et d’illumination qui travaille avec notre énergie vitale, la raffinant au moyen de pratiques de respiration et de visualisation, de façon à transformer l’énergie grossière (symbolisée par les métaux de base) en énergie supérieure (symbolisée par l’or). Historiquement, l’alchimie en tant que pratique spirituelle fut toujours transmise oralement, ce qui était écrit utilisant seulement des termes symboliques. Cela donna lieu à une conception exotérique et populaire tout à fait erronée selon laquelle il ne s’agissait que de travaux primitifs et superstitieux précurseurs de la chimie moderne.

      

    La Psycho-alchimie fait partie du quatrième niveau de l’enseignement d’Arica, mais les exercices clés de ce travail sont intégrés dans la plupart des formations de la Ligne de l’École et dans la Routine Quotidienne d’Arica*. De cette formation, j’ai appris des choses concernant la génération et la transmutation de l’énergie vitale/sexuelle, et je devins capable de rejeter beaucoup de croyances pesantes, de charges émotionnelles et de tensions construites et associées avec ma sexualité, de me détendre et d’apprécier ma vie sexuelle. Je découvris que le sexe est relié à mon niveau d’énergie et à la santé de mon corps et de ma psyché, et non à une affaire d’identification, de peurs et de désirs effrénés.

      

    En refaisant la formation Psycho-alchimie quelques années plus tard, j’ai vécu un processus fascinant avec un cauchemar réitéré dans lequel un pseudo-assassin me poursuivait avec un long couteau effilé. je traversais des expériences terrifiantes dans mes rêves où je ne pouvais me mouvoir que très lentement parce que je n’arrivais pas à coordonner les mouvements de mes jambes ou parce que celles-ci étaient si faibles que je pouvais à peine les bouger. Mais peu à peu, je parvins à changer le contenu de mes rêves en me levant la nuit pour aller aux toilettes, puis en me recouchant et en retrouvant mon rêve, armé de l’information que j’étais en train de rêver, afin de prendre le contrôle de ce qui se passait. Au début, je me retournais contre mon agresseur et je le combattais, attrapant le couteau et le frappant. Puis j’imaginais que le couteau se ratatinait comme une nouille humide, devenant inopérant. Pour finir, je parvins à transformer l’humeur du chasseur lui-même de façon à engendrer entre nous l’arc de la fraternité et de la reconnaissance mutuelle. Ce fut le dernier cauchemar que j’ai eu, il y a plus de quinze ans. 

      

    Le travail du Diamant

     

     En 1980, je suivis la formation du 7e niveau dans la Ligne de l’École, « La Taille du Diamant Pyramidal », qu’Oscar appelle « la clarification des Principes Divins ». Au cœur de cette formation Diamant se trouve en effet un travail soigneusement formalisé dans des rituels sur les neuf Principes Divins de la Conscience, produisant un état de clarté permanente de la conscience, qui « ne peut plus être obscurcie par la moindre contradiction matérielle ». Les méditations qui composent ces rituels sont essentielles au dépassement de nos Fixations.

      

    Je me revois pratiquant la méditation sur le cerveau dans laquelle celui-ci est divisé en neuf parties, chacune avec une couleur différente et contenant un symbole particulier. A plusieurs reprises, je m’étais surpris en dehors du temps, baigné dans la plénitude du vide total, complètement sans pensée, me rendant compte qu’un bon quart d’heure s’était écoulé, et que j’avais d’autres méditations à effectuer pour terminer ma session du soir.

      

    Le travail du Diamant amena en moi une forme de conscience qui était dorénavant impossible à obscurcir dans ma vie quotidienne, ce qui eut pour effet de déchirer le voile de mes illusions. Il devint pour moi évident que je ne pouvais plus continuer mon travail dans une grande agence de publicité qui m’employait, car ce travail était dénué de sens. Saisi par la négativité de la publicité, je me rendis compte qu’elle manipule les gens en faisant appel aux désirs les plus bas de l’humanité, dans les buts les plus matérialistes, et au moyen de la prostitution des ressources de l’art et de la psychologie. En utilisant la grille de lecture de la Protoanalyse, je fis une analyse des techniques cyniques de persuasion qu’utilise la publicité. Sous forme de dérision, j’inventai « l’Ennéagramme de la Pub » :

    1. Vous l’aimerez parce qu’elle vous fait un cadeau qui réchauffe le cœur et qui est parfait pour toutes les occasions.

    2. Elle vous rendra libre, c’est une affaire particulière pour la personne spéciale que vous êtes.

    3. Économisez du temps et de l’énergie, votre rêve enfin se réalise.

    4. Pour le consommateur avisé que vous êtes, à ce prix-là c’est vraiment donné !

    5. Puisque vos amis l’aimeront, ils ne pourront que vous aimer.

    6. C’est élémentaire, vous savez bien que vous ne pouvez pas survivre sans elle.

    7. C’est ce qu’il y a de mieux, toutes les autres marques sont inférieures.

    8. Elle met en valeur votre sex-appeal, vous ne voudriez tout de même pas avoir à regretter de ne pas en avoir acheté un.

    9. C’est vraiment vous puisque c’est à la gloire de votre ego.

     

     Je me rendais compte de la façon dont les connaissances de la théorie de la Protoanalyse sur les Fixations conçue par Oscar pouvaient être exploitées sans scrupules. Avec la psychologie, le marketing et une approche aveugle et dispersée, l’industrie de la publicité a déjà trouvé comment rendre dépendants les différents types d’ego afin de les entraîner dans une consommation effrénée. Elle pourrait avoir une influence encore plus nocive avec les cartes qu’utilise la Protoanalyse pour décrire les territoires et les dynamiques de notre psyché!

      

    A la recherche d’une carrière qui puisse servir les buts les plus élevés de l’humanité, j’entrai dans une école supérieure et obtins un diplôme de psychologie clinique.

      

    La formation du Diamant de 1980 produisit le changement le plus substantiel que ma conscience avait jamais expérimenté. J’exprimai ma reconnaissance à Oscar  pour ce travail extraordinaire qu’il avait conçu lors de la fête du Nouvel An 1980-1981, à New York. Cette brève rencontre me projeta dans un samadhi intense mais fugace pendant quelques minutes, minutes qui devinrent cependant pour moi une source d’inspiration extrêmement féconde pendant l’année 1981 et bien au-delà. Oscar n’a jamais adopté une position de gourou personnel pour les Aricains, préférant être pour eux un « ami », mais jouant son rôle de « guide » de l’École dans son ensemble. C’est pour cela qu’il a toujours donné des conférences à des groupes ou présenté le travail et ses consignes dans des manuels de formation, de façon à ce que les Aricains puissent accomplir leurs méditations facilement.

      

    Les formations Protoanalytiques

     

     Ce fut en 1981 et 1982 que je suivis les trois formations Protoanalytiques : Protoanalyse/Fixations, Niveaux de Conscience, et Portes de Compensation. Bien que familier de la doctrine des Fixations et les ayant observées en moi, je dus attendre l’automne 81 pour faire avec elles le travail formel et recevoir le diagnostic d’Oscar sur ce qu’était ma fixation principale, à travers une analyse photographique des tensions du visage. Cette méthode d’analyse a été longtemps pratiquée dans l’École, et ce n’est que tout récemment qu’elle a cessé d’être utilisée, puisque nous utilisons maintenant une méthode d’autodiagnostic dans une formation d’une journée qui porte précisément ce nom, Autodiagnostic.

      

    Nous fîmes des exercices de théâtre et du travail de groupe avec chacune des neuf Fixations, en mettant l’accent sur celle qui nous était propre. En recommençant Protoanalyse/Fixations quelques années plus tard, Oscar me donna une seconde fixation, et quand je suivis la nouvelle formation Fixations et Autodiagnostic au début de cette année, j’en découvris une troisième, ce qui me permit d’établir ma Trifix. Je suis un Idéaliste (7), avec les deux fixations secondaires du Chercheur (9) et de l’Indépendant (2).

      

    La doctrine des Fixations a été spécialement développée par Oscar Ichazo dans le contexte d’ensemble de la Voie d’Arica vers l’illumination, son pouvoir de transformation étant fondé sur des pratiques de méditation spécifiques et originales et sur des techniques d’auto-observation qui sont intégrées dans un travail individuel et dans des rituels de groupe extrêmement précis. Les Fixations doivent être comprises dans leurs relations avec les Systèmes Hypergnostiques du corps, les Domaines de Conscience et leurs Dichotomies, les Psychocatalyseurs, les Principes Divins, les Niveaux de Conscience, les Portes de Compensation, et les rituels avancés des 5e, 6e, 7e et 8e niveaux de formation de la Ligne de l’École.

      

    La codification par Mr Ichazo des lois de la Logique Trialectique, et la Philosophie Intégrale qui en découle, fournissent la validation rationnelle de sa théorie, tandis que la participation des élèves à l’ensemble des formations qui constituent la Ligne de l’École Arica en est une validation expérimentale personnelle. Extraire la doctrine des Fixations du contexte qui la sous-tend est comparable au fait de retirer un organe d’un organisme dans lequel il assurait une fonction vitale. En tant que fragment d’un ensemble où tout est interconnecté, la doctrine des Fixations est réduite à une position idéologique, avec rien pour la soutenir sauf des mythes erronés d’une appartenance à un ancien dogme soufi.

      

    Du 2 Juillet au 6 Septembre 1982, un sponsor et organisateur des formations d’Arica, présenta « Métamorphose », une formation de neuf semaines de transformation avec un programme d’étude extensif. Oscar donnait de nombreuses conférences sur place. Les instructeurs étaient presque exclusivement composés des membres du groupe d’origine qui avait étudié avec Mr Ichazo dans la ville chilienne d’Arica, et ils transmirent un matériel considérable qui n’avait plus été enseigné depuis huit ans. Oscar nous initia au Travail des Octogones qu’il présentait pour la toute première fois. Un Octogone est une unité sociale composée de huit membres représentant huit éléments qui, une fois unis, génèrent le neuvième élément invisible. Le but est de mettre le travail de l’Octogone au service de l’évolution de l’humanité.

      

    Au cours de ces neuf semaines, on nous présenta la formation Mentations/ Déviations. Les Mentations divisent le corps en douze parties, chacune d’elles « fournissant des informations sur la réalité et produisant une séquence harmonique fondamentale quant à la façon dont notre mental structure la pensée ». Les Déviations sont des distorsions des Mentations qui se trouvent à l’origine des perceptions biaisées qui constituent la base de comportements inadaptés ou erronés. Dans le mouvement de l’ennéagramme, beaucoup de ce qui est attribué au Fixations est en fait une manifestation de telle ou telle déviation des mentations d’Arica.

      

    Le huitième niveau

     

     En 1985, une formation préparatoire au huitième niveau fut disponible sous la forme d’un manuel contenant les indications relatives à un nouveau travail individuel, effectué avec le soutien des Octogones. Au début de 1986, j’eus un accident de motocyclette et mes blessures nécessitèrent le recours à la chirurgie orthopédique. Je fus immobilisé pendant quelques mois. Au moment où je me rétablissais, Oscar publia une « mise en garde » concernant la participation au travail du huitième niveau qui devait commencer incessamment avec la formation intitulée « Psychomachia - la bataille de l’Âme ». De nouvelles normes concernant les dispositions éthiques et un mode de vie sain furent présentées comme une condition préalable pour entreprendre le travail du huitième niveau.

      

    Cela me prit cinq mois pour achever cette première formation du huitième niveau. Mon mode de vie devenait de plus en plus raffiné et sain. Inspiré par l’enseignement d’Oscar sur le Couple pour l’Évolution, je décidai que j’étais prêt pour un engagement total dans une relation, contrairement à ce qu’avait été jusqu’alors pour moi une vie monogame intéressante avec des possibilités de relations de couple épisodiques. Je commençais donc à envisager de former un couple pour l’évolution et me mis à chercher à l’attirer dans ma vie. Peu de temps après, je rencontrai la femme qui devint finalement mon épouse.

      

    Au fil des années, mon processus dans l’École m’a aidé à nettoyer un vieux karma et à regarder toutes mes relations intimes d’un œil nouveau. Une des conséquences fut que mes rapports avec ma famille devinrent plus profonds et plus satisfaisants. En 1986, j’entrepris un voyage sur la côte Est pour rendre visite à ma mère qui était en train de mourir d’un cancer. Le 9 Janvier 1987, vers 4h30 du matin, je me réveillai et m’approchai de son lit à l’hôpital. Elle était inconsciente et sa respiration était difficile et irrégulière. Je m’assis et je pris sa main en lui parlant de mon amour et de ma gratitude envers elle, de la nature de l’état après la mort (Chonyi Bardo) et de la nécessité de s’avancer vers ce que, dans Arica, nous appelons la claire lumière blanche.

      

    Quand elle exhala son dernier souffle, une demie heure plus tard, j’invoquai pour elle la protection des Archanges Séraphins, lui dis qu’elle était morte et murmurai le mantra de l’Unité de Dieu à son oreille. A ce moment, mon père entra dans la chambre et nous nous consolâmes mutuellement de notre chagrin. Une semaine plus tard, ce fut une immense joie que de pouvoir célébrer la Cérémonie d’Arica de la Terre de l’Harmonie Parfaite pour assister ma mère dans le Bardo.

      

    En 1987 je finis la deuxième partie des formations du huitième niveau, Rituel et Initiation de l’Oeil d’Or et Psychomachia appliquée. Cela me prit un peu plus de trois mois. Je me suis marié en Octobre de cette année, et j’ai déménagé à Napa Valley avec mon épouse. Je refis pratiquement toutes les formations d’Arica avec elle jusqu’au travail du Diamant compris, et je fis la fraction suivante du huitième niveau, le Monde Imaginal.

      

    En 1990 j’étais à Hawaï pour le Rassemblement du Vingtième Anniversaire de l’École Arica. Plus de 600 d’entre nous suivirent les nombreuses heures de conférence données par Oscar Ichazo, pratiquèrent le matin la routine quotidienne de méditations et d’exercices, et participèrent à un Rituel du Zhikr d’un très haut niveau d’énergie. Nous reçûmes aussi une initiation et incorporation dans le huitième niveau du Grand Talisman, appelé le Sceau d’Arica de la Méditation du Grand Pouvoir. Cela consistait à rester concentré sur le yantra de l’Attention Nue. Cette méditation nous aide à faire de notre mental l’objet même de notre propre conscience. Bien que simple et courte, cette méditation fut le point culminant de la Réunion, produisant un état de profonde transcendance, au-delà de toute description.

     

     Je continuai avec le travail hebdomadaire des Octogones et la routine quotidienne d’Arica jusqu’au début de la formation du Système du Mandala rouge du Talisman de la Vérité, en Janvier 1992. Les sessions du soir étaient terriblement longues, mais lorsque je fus plus entraîné je parvins à les réaliser en deux heures environ. Le travail du matin durait une heure et demie et je pratiquais aussi le Taï Chi, 25 minutes par jour. Sur le plan professionnel, tandis que ma femme travaillait comme infirmière la moitié de la nuit, je travaillais le jour comme intervenant à l’hôpital, et c’était mon tour, cette année-là, de nourrir notre fils au milieu de la nuit. De surcroît, j’entrepris un jeûne radical qui devait induire des changements profonds dans mon régime alimentaire des mois suivants. Je n’avais jamais été aussi occupé, aussi efficace, avec une énergie aussi haute, de toute ma vie. Il me fallut presque toute l’année pour achever cette formation du Mandala. Cela reste la réalisation la plus importante de mon existence et marque le changement le plus intense dans ma capacité de fonctionner dans le monde, relativement libéré des processus de ma fixation égotique.

      

    Au cours de cette formation, il se passait des jours entiers pendant lesquels mes bavardages mentaux habituels ne se manifestaient pas plus de 15 minutes. Je restais complètement présent aussi bien durant mon travail qu’à la maison. A la fin de la journée, lorsque je fermais les yeux pour m’endormir, je pouvais voir les lumières de « l’Esprit Divin ». J’avais des rêves d’une grande profondeur et d’une extrême lucidité. Chaque matin, exactement à 4h45, je me réveillais sans avoir besoin de faire sonner mon réveil et je sautais sans effort de mon lit.

      

    Expériences des derniers niveaux du travail Arica

     

     Le Mandala rouge du Talisman de la Vérité était un travail réparti sur 143 jours. Organiser quoi que ce soit pendant que je suivais cette formation me paraissait infantile et absurde. La Réalité suscitait les événements et la responsabilité qui m’incombait était de me détendre et d’accepter ce qui survenait en toute lucidité. Le futur me semblait un fantôme illusoire situé au-delà des limites de la réalité du moment présent. Toute situation, tout rôle, rang, ou statut apparaissaient comme des déguisements et, en fin de compte, comme les nouveaux habits de l’Empereur du conte de Grimm.

      

    Un moment particulier de la Méditation du Vide, méditation répétée chaque jour dans la formation du Mandala, résonne encore profondément en moi tant elle a imprégné ma vie quotidienne. La conscience de la manière dont se comporte mon ego se maintient pleinement au cours de mes activités habituelles, sans identification ni attachement. En même temps, il y a, sans méprise possible, une conscience du vide au-delà de toute conceptualisation, conscience dans laquelle mon point de référence paraît se trouver derrière mes yeux et reste le témoin lucide du fonctionnement de mon esprit égotique des pensées et du langage. Cette conscience qui se contemple elle-même observe simultanément le mental de l’ego et l’esprit du Vide.

      

    Toutefois, la réalisation la plus saisissante que j’ai vécue au cours de cette formation fut de me rendre compte que mon essence, l’Esprit Divin, ou état de pure conscience, quel que soit le nom qu’on lui donne, n’est pas une entité et n’a aucune sorte d’individualité. J’avais toujours su cela intellectuellement, d’une certaine façon, mais le fait d’en faire directement l’expérience fut assez bouleversant. Cette prise de conscience crée un lien non-conceptuel dans toutes mes relations chargées d’une « prétention » à un sens d’identité ou de séparation. Lorsque cette expérience commença à se produire dans ma vie, il y eut des moments où il me fut très difficile de rester impassible.

      

    A la suite de cette formation, chacun d’entre nous eut à examiner l’étendue de sa propre réalisation de chacune des neuf Gnoses Divines telles qu’elles venaient d’être définies par Ichazo. Beaucoup d’entre nous formèrent à ce sujet des groupes d’études, comme supports de discussion et de dynamique de groupe, pour débattre des effets qu’avait eus ce travail sur nous. Il nous était également demandé de remplir un questionnaire sur notre expérience personnelle des gnoses et de le retourner à Oscar.

      

    En Février 1993, j’ai commencé la formation de 60 jours, intitulée « Méditation du Gardien Telegnostique », qui venait de paraître. Ce Gardien Telegnostique est la forme archétypale de l’état de « l’Esprit Immuable » qui, selon Oscar, « a été largement étudié dans le Bouddhisme Mahayana et ses dérivés du Yogaçara, du Tantrisme, et de l’Illumination soudaine de l’École Chinoise Ch’an et du Zen Japonais. Ces différentes traditions reconnaissent toutes l’état de l’Esprit Immuable comme l’accomplissement du huitième niveau du Boddhisattva, connu encore sous les noms d’Acala (sanscrit) ou de Fudo (japonais) qui devient le troisième état Noble et Sacré de l’Illumination, état de non-retour ».

      

    En Mai 1994, j’entamai le premier des neuf degrés de « Nature Divine » (de 40 à 45 jours chacun), intitulé les Sens Vides, et en Juin 1995, je participai au rassemblement du 25e Anniversaire de l’École Arica. Oscar fit des conférences-marathon dans lesquelles il présenta  de  nombreux  pentagrammes, heptagrammes et ennéagrammes au cours de la transmission de la Méthode Arica d’Illumination soudaine (la Méthode Rapide). Cette réunion fut aussi l’occasion d’un rituel du Zhikr immensément puissant grâce à la présence des centaines d’Aricains qui étaient rassemblés. Beaucoup de méditations et d’exercices nouveaux furent présentés, y compris la Méditation de l’Égal. Mais, sans aucun doute, le travail le plus extraordinaire fut celui des Lumières.

      

    Je fus saisi par l’unité et la maturité des membres de l’École qui étaient présents, mais surtout par la sagesse éclairée et la gentillesse dont Oscar a fait preuve envers nous depuis plus de quarante ans. Lorsqu’il se leva pour quitter le podium, des larmes de gratitude me vinrent aux yeux de par ma condition d’être humain engagé dans la voie d’Arica, et s’adonnant au travail le plus sacré qui soit, celui de la réalisation de soi. Je pouvais percevoir le drame de l’éveil de la Conscience dans l’humanité reflétée par mon processus individuel. Ma compassion et mon sens des responsabilités s’élargissaient pour embrasser toute l’Humanité et englober toutes les personnes passées, présentes et futures, engagées dans la poursuite d’un but aussi important.

      

    Depuis la Réunion de 1995, j’ai continué à suivre les différents degrés de Nature Divine qui ont été donnés dans l’École. Grâce à ce travail, j’ai réduit ma croyance et mon attachement à mon moi égotique (et à tout sens d’exister en tant qu’entité séparée), ainsi qu’à ma vision de la réalité extérieure. Je suis progressivement passé d’une structure d’identité basée sur le mental à l’état de Vide. J’ai continué à développer un esprit de Vacuité, observant avec détachement les processus de mon ego et les constructions des pensées provenant de mon Esprit Relatif, les reconnaissant comme des manifestations de « l’esprit seulement ». J’ai intensifié la profondeur et la fréquence de mes expériences du vide de la non-conceptualisation, au-delà de tout symbole de rationalité et transcendant le temps, l’espace et la matière (l’Esprit Absolu). Je suis en mesure de reconnaître et de contempler l’Esprit Immuable qui observe à la fois le mental relatif des pensées et du langage et l’Esprit Absolu du Vide (la conscience innée de l’unité de l’Esprit Relatif et de l’Esprit Absolu).

      

    Je pense que tout l’enjeu de l’apprentissage au sujet de nos Fixations est de les transcender, et les formations de la Ligne de l’École m’ont montré le chemin. Je ne perds plus désormais le respect de moi-même en m’identifiant au rôle de l’inférieur correspondant à l’une des dichotomies du Domaine de la Position et de l’Autorité, comme je le faisais avant. Dans les classes de Taï-Chi, lorsque mes partenaires me repoussent, je me concentre sur la production et sur l’extension des limites de mon espace physique. Au travail, lorsque mes patrons ne sont pas d’accord avec moi, je ré-examine mon opinion, ou bien j’évalue leur ouverture à d’autres arguments. Je n’ai plus besoin de masquer un profond sentiment de honte et d’infériorité par une distance affectée ou par de l’arrogance. Je ne cherche pas non plus à projeter mon identité dans une position de supériorité. Je dirige mon équipe de travail avec respect et le sens de l’égalité, reconnaissant que la conscience est au-delà de toute position sociale. Mon ego est devenu détaché et transparent et, bien qu’il exécute ses différentes fonctions en tant qu’aspect unifié de ma vie psychique individuelle, il ne vient pas troubler par ses interférences la clarté de mon Être Essentiel Véritable.

      

    La Ligne de l’École Arica est une méthode complète de réalisation de soi et de clarification de la conscience. La Doctrine des Fixations est une composante essentielle de cette méthode et, aussi fascinante qu’elle puisse être en elle-même, en tant que fragment d’un enseignement plus vaste, son vrai pouvoir de transformation est entièrement dépendant du contexte de la Ligne de l’École dans lequel elle prend place. Ces formations sont accessibles à tous et elles appartiennent à toute l’humanité. Quiconque cherchant sincèrement à savoir quelles sortes de transformation et d’accomplissement résultent d’un travail authentique avec les Fixations, peut venir se rendre compte par lui-même. Comme nous le disons dans Arica, le travail travaille en nous – et ça marche !

     

                                      Lawrence Stentzel [Traduction : Sylvette Escazaux et Olivier Clouzot]. 

       Texte reproduit à partir des numéros 12-13-14-15 des Études Holistiques (années 1998-99).

     

    GLOSSAIRE

     

     * Autodiagnostic. Une méthode d’autodiagnostic mise au point par Oscar Ichazo pour identifier notre fixation majeure et nos deux fixations mineures, ou co-egos.

     * Dichotomies. Comme le démontre la théorie Protoanalytique, il y a dans chaque domaine de conscience une coupure entre deux aspects qui sont en contradiction l’un avec l’autre, l’un correspondant à une vision apparemment positive, l’autre à une vision apparemment négative, mais les deux proposant une vision subjective extrême qui traduit en réalité un déséquilibre yin / yang à l’intérieur de ce domaine.

     * Ennéagramme des Fixations. Les neuf types d’ego décrits dans la théorie Protoanalytique d’Oscar Ichazo, et regroupés en trois triades correspondant aux trois instincts.

     * Habitants. Des manières déformées de penser, à l’intérieur de chaque domaine, qui obsèdent l’esprit et le fixent dans une position de déséquilibre. Par exemple, dans le domaine spirituel, dont la dichotomie est la coupure croyant / sceptique, l’habitant spécifique est constitué par les « préjugés ».

     * Kinérythme. L’un des trois formations du quatrième niveau, elle propose une forme de méditation impliquant simultanément jusqu’à cinq modes de concentration associant le mouvement kinestésique, la répétition mantramique, et des techniques avancées de respiration. Elle est constituée par un travail individuel d’une heure environ effectué en petit groupe pendant trois semaines (chacun travaillant à son propre rythme).

     * La Formation de quarante jours. Formation de groupe qui a constitué le premier niveau d’enseignement de l’École entre 1973 et 1979, et qui contient les exercices, les méthodes et les techniques sur lesquels s’est fondé le Système Arica. Le programme de 320 heures comprend une analyse systématique et extensive des expériences de notre vie, du travail physique et des exercices de partage et d’échanges interpersonnels, et un grand nombre de relaxations, d’exercices respiratoires, et de méditations qui ont pour but de commencer la clarification de notre vie passée et de faciliter notre future transformation.

     * La Formation des Systèmes Hypergnostiques. Le niveau 1 actuel de la Ligne de l’École, qui reprend en deux semaines le contenu de la formation de 40 jours sous une forme qui a été révisée et condensée. On y apprend que notre corps est constitué de neuf systèmes psycho-corporels nettement différenciés (les trois Instincts, les quatre Fonctions et les deux Pôles) qui donnent l’infrastructure de notre psyché. Il y a aussi dans le corps des points de sensibilité particuliers, plexus nerveux ou chakras, qui correspondent à chacun de ces systèmes et qui font l’objet de concentrations et de méditations.

     * La Routine Quotidienne d’Arica. Groupe d’exercices qui peuvent être réalisés chaque jour pour revitaliser et énergétiser notre corps et notre esprit.

     * La Taille du Diamant Pyramidal. Formation de trois mois combinant le travail individuel et le travail de groupe, qui constitue le septième niveau de la Ligne de l’École. Elle est centrée sur la clarification de la conscience, qui est représentée par une pyramide de diamant, et permet d’atteindre l’état de samadhi. Cette formation inclut un travail de perfectionnement sur les Principes de la Conscience, les systèmes psycho-corporels et les sens, ainsi que des méditations sur le squelette et le cerveau.

     * Le Couple pour l’évolution. Une formation de base pour les couples qui analyse, grâce à des ennéagrammes, le processus du couple conventionnel en contraste avec le potentiel du couple pour l’évolution. Il existe un deuxième degré qui présente de nouveaux ennéagrammes pour l’analyse du couple pour l’évolution dans son processus réel.

     * Le Grand Talisman. C’est le titre d’ensemble du travail d’Arica du huitième niveau. Il est constitué de quatre Talismans spécifiques : le Talisman de la Vérité (illumination dans l’état de veille), le Talisman de la Sagesse (illumination dans l’état de rêve), le Talisman de la Grâce (illumination dans l’état de Bardo), et le Talisman de la vie Divine (illumination dans l’état d’immortalité).

     * Les Domaines de Conscience. Formation du deuxième niveau comportant 80 heures d’ensei-gnement (10 jours de stage réduits par la suite à deux jours). Les neuf Systèmes Hypergnostiques sont projetés dans notre psyché et dans la société sous la formes de neuf Domaines de Conscience, ou arènes psychosociales de nos processus existentiels. Par exemple, le Pôle de l’Unité est projeté dans notre psyché sous la forme du Domaine Spirituel dont nous faisons l’expérience dans notre société dans les lieux et dans les mouvements qui génèrent chez les gens un sens d’appartenance et d’unité, ce qui inclut des environnements comme ceux des églises, des temples, des mosquées, des stades, et des concerts de rock.

     * Le Rituel de la Chaleur de l’Alpha. Formation individuelle constituant le sixième niveau. Répartie sur cinq semaines, elle montre comment notre esprit, personnifié sous les traits d’une jeune guerrière, combat ses « habitants », ses passions et ses autres ennemis intérieurs, jusqu’à ce que la conscience en soit complètement libérée.

     * Le Système du Mandala rouge du Talisman de la Vérité. Formation qui correspond au stade tantrique de génération du Talisman de la Vérité.

     * Méditation du Gardien Télegnostique. Une manière de développer et d’intégrer « l’Esprit Immuable » et de le rendre plus radiant et plus stable. C’est un stade préparatoire au stade d’accomplissement du Talisman de la Vérité.

     * Nature Divine. Sommet du travail d’Arica du huitième niveau, cette formation de neuf degrés de 41 jours chacun constitue le stade tantrique d’accomplissement du Talisman de la Vérité.

     * Niveaux de Conscience. Une formation de deux journées portant sur l’analyse du processus de développement humain à travers neuf niveaux subjectifs et neuf niveaux objectifs d’évolution consciente. Elle inclut également l’examen de la structure ennéagrammatique des mouvements qui sont effectués entre ces niveaux après qu’ils aient été atteints et expérimentés une première fois.

     * Ouverture de l’Oeil de l’Arc-en-ciel. Formation individuelle constituant le cinquième niveau. Répartie sur dix semaines, elle propose une première approche des « énergies » propres à chaque système psycho-corporels, ainsi qu’un travail approfondi pour apprendre à équilibrer les dichotomies des neuf domaines.

     * Pneumorythme. Formation du quatrième niveau, proposant un travail quotidien d’une heure environ qui est répété pendant quatre semaines, et qui combine une respiration rythmée sur le battement du cœur et la concentration systématique sur différentes parties du corps mains, bras, tête, tronc, et jambes.

     * Psycho-alchimie. Formation individuelle du quatrième niveau qui utilise des techniques avancées de concentration et de respiration, ainsi qu’un examen approfondi de nos expériences sexuelles passées. Travail d’une à deux heures par jour effectué pendant dix jours consécutifs.

     * Portes de Compensation. Une formation de deux journées qui décrit les soupapes de sécurité qu’utilise la psyché pour se décharger des tensions internes et des contradictions accumulées selon notre degré d’attachement à notre représentation de la réalité, à travers neuf exutoires caractéristiques.

     * Principes Divins (ou Principes de la Conscience). Les neuf principes d’Arica qui sont des attributs de « l’Esprit Divin », qui est inné chez tous les êtres humains, et qui est transcendant au temps, à l’espace et à toute matérialité, et qui est éternel et parfait.

     * Protoanalyse/Fixations. Une formation de deux journées sur les Fixations de l ’ego qui était basée sur l’identification de la fixation principale de chaque participant effectuée par Ichazo à partir de photographies. Elle est maintenant remplacée par « Fixations et Autodiagnostic ».

     * Psychocatalyseurs (ou Idées Saintes). Un des outils les plus puissants pour briser les fixations. Ce sont des catalyseurs de la psyché dans le sens où ils permettent de la transformer, comme agissent certains corps dans une réaction chimique que leur seule présence rend possible, sans qu’ils prennent part eux-mêmes à la réaction. Ce sont des antidotes essentiels contre les fixations égotiques qui mettent ces dernières hors d’état de nuire.

     * Psychomachia - la Bataille de l’Âme. Une formation d’Arica du huitième niveau, qui concerne le processus interne de transmutation réalisé à travers la connaissance des egos négatifs de la dualité, et grâce à des méditations portant sur l’annihilation de forces égotiques personnifiées.

     * Rituel et initiation de l’Oeil d’Or. Le stade préliminaire de la formation du huitième niveau appelée « Le Grand Talisman ». Il contient les rituels suivant : Psychomachia, Psychomachia appliquée, le Monde Imaginal, et l’incorporation des Archétypes.

     

     

     
     

     

     

     



    [1] La Formation des quarante jours d’Arica a constitué, pendant les années soixante-dix, le premier degré de l’enseignement d’Arica (Ligne de l’Ecole). A partir du début des années quatre-vingt, elle a été remplacée par la formation sur les “ Systèmes Hypergnostiques ” d’une durée totale de quinze jours.

    [2] La Psychocalisthénie est l’outil de base de la routine quotidienne d’Arica. C’est une gymnastique qui dure 20 minutes environ, et qui relève à la fois de la gymnastique suédoise, de la danse et du yoga, mais dont tous les mouvements sont construits sur des rythmes respiratoires très précis - voir Oscar Ichazo : “ La maîtrise de soi par la pratique consciente de la Psychocalisthénie ”, Études Holistiques, 1994.

    [3] Les neuf Systèmes Hypergnostiques constituent la base anatomique de toute la théorie d’Arica. Ils sont composés des trois instincts (conservation, relation, adaptation), des quatre fonctions (espace, temps, expression, coordination), et des deux pôles (sexuel et spirituel) – voir en particulier Oscar Ichazo : “ De la Métaphysique à la Protoanalyse ”, Études Holistiques, 1995.

     


    votre commentaire
  • • Sous le copyright Oscar Ichazo et avec l'assentiment d'Olivier Clouzot, je publie ci-dessous le texte de l'allocution faite par Ichazo à l'intention du 2è Congrès de l'Ennéagramme du Hohwald. (2007) (ce texte fut, à cette occasion, lu par Olivier Clouzot).

    • Ichazo répond ici à certaines questions qui lui ont été posées. Certaines réponses existent peut-être déjà en partie, mais elles sont souvent restées à l'usage des membres de l'école Arica, ou furent faites lors d'interviews spécifiques et jamais aussi profondément.

    • Ce texte précis et riche devrait intéresser tous les (nombreux) français qui ont du mal avec l'anglais, et qui ont donc rarement consulté ou recherché ces réponses "à la source". (d'autres textes développant des points spécifiques sont en cours de traduction et je les publierai bientôt également).

     

    ALLOCUTION D’OSCAR ICHAZO

    AU DEUXIÈME CONGRÈS SUR L’ENNÉAGRAMME DU HOHWALD

    (Alsace, 12-13 Mai 2007)

    Présentée par Olivier Clouzot[1]

    Oscar Ichazo
      C’est un honneur et un plaisir pour moi de m’adresser aux participants du 2e Congrès sur l’Ennéagramme du Hohwald, en Alsace. Les bases de mon allocution d’aujourd’hui se rapportent au questionnaire que Coline d’Aubret m’a envoyé au sujet de points importants concernant l’histoire, l’utilisation et l’avenir de l’ennéagramme. Voici sa première question et ma réponse.

    QUESTION 1
      L'Ennéagramme en Europe particulièrement, se développe de plus en plus. La grande majorité des instructeurs n'ont aucun contact avec une source sérieuse, et ils redonnent la soupe de la soupe de la soupe... de ce qu'ils ont entendu. Je crains pour la crédibilité de l'Ennéagramme, et même pour les dérives possibles. Que pensez-vous de cela ?

    Oscar Ichazo
      Cette première question est vraiment vaste et complexe parce qu’elle concerne l’histoire de l’ennéagramme en elle-même. 

      A l’origine, l’ennéagramme était défini comme un outil qui pouvait fournir une description holistique des neuf premiers nombres entiers en les présentant selon une succession numérologique ou comme les différents moments d’un processus en neuf étapes. Cette présentation constitue un principe fondamental de la série Pythagoricienne des 9 chiffres de base inscrits dans un cercle, le dernier chiffre correspondant au nombre 9, qui complète les nombres entiers ou naturels et devient la base de la tetraktys Pythagoricienne

    [ce triangle constitué de dix points situés sur quatre étages, qui totalise les quatre premiers nombres entiers].

      L’immense importance de cette figure en forme de sceau, connue actuellement comme l’ennéagramme, est qu’elle sert de base à la présentation des principes fondamentaux de la science Pythagoricienne – en particulier la théorie musicale du tétracorde Pythagoricien, mais aussi la connaissance de l’astronomie et, plus important encore, celle de l’astrologie selon les termes des Oracles Chaldéens et du livre mystique Piamondres, le premier livre de la Sainte Tradition Hermétique.

      La Tradition Pythagoricienne a commencé avec Empédocle et la constitution Pythagoricienne des quatre éléments en tant qu’entités suprêmes qui nous donnent les principes de toute réalité dans une approche scientifique. Platon, en tant que disciple de Pythagore, a décrit dans son Timée ces principes et réalités [des lois de l’univers] dans toutes leurs perspectives philosophiques et théologiques.

      Je vais vous présenter une esquisse très rapide de la façon dont la connaissance la plus sacrée a traversé toute l’humanité et, malgré tout le respect que je dois à la patience de l’auditoire, je vais décrire cet immense processus de la culture humaine sous une forme très schématique qui consiste à ne citer que les noms de ces personnes qui constituent des piliers fondamentaux de tout notre processus culturel occidental. Néanmoins, et en continuant à compter sur la patience compréhensive de mon auditoire, je dois poursuivre cette ligne de pensée schématique qui s’avère indispensable pour comprendre comment est apparue la figure de l’ennéagramme, dans le livre célèbre d’Ouspensky, Fragments d’un enseignement inconnu, dans lequel il présente l’ennéagramme comme la clé d’une connaissance ou d’une tradition ancienne. Malheureusement, l’auteur ne se réfère ni aux noms ni aux moyens qui lui auraient permis de réaliser une exposition érudite de son sujet, et non seulement il se contente de présenter de façon légère ce qui devrait être un ensemble de principes essentiels, mais encore il le fait d’une manière vague, incomplète, et finalement incohérente.

      Or, il est indispensable de suivre la ligne de cette compréhension Pythagoricienne et Platonicienne des lois de l’univers à travers les trois grands noms de la philosophie Grecque classique – Socrate, Platon et Aristote – dont la recherche toute entière était orientée vers la découverte des fondements transcendantaux de l’Esprit et de la Réalité dans son ensemble, afin d’aboutir à la « Personne tournée vers le Bien » en tant que Telos ou vision finaliste du monde. Ces traditions, extrêmement riches, se sont poursuivies à travers les quatre principales écoles : l’Académie [Platonicienne], les Péripatéticiens, les Stoïciens et les Épicuriens. Elles furent reprises à nouveau dans les propositions synthétiques du néo-Pythagoricien Numénius, puis dans celles du néo-Platonicien Plotin, enfin dans l’introduc-tion que fit Porphyre à la critique directe de la raison selon la Logique Formelle [je rappelle ici qu’Ichazo est le fondateur de la Logique Trialectique qui est à la base de tous ses travaux]. Il faut ajouter à tout cela la contribution inestimable de Iamblikhos (Jamblique), grâce à sa compréhension de ce que sont une théosophie et une théurgie sacrées, ses travaux étant par la suite complétés par ceux de Proclus et Damaskios.

      Puis, comme nous le savons, vint la fermeture de ces écoles de la Grèce ancienne à cause de la persécution directe de l’Église Chrétienne. Cela aboutit pratiquement à la disparition des traditions anciennes, des Écoles des Mystères, et des recherches ésotériques concernant une Connaissance secrète désormais interdite : c’était donc le refus de toute gnose portant sur la Réalité de l’Âme et susceptible de favoriser la maturation des êtres humains. C’est donc ainsi que la Culture Occidentale, à ses tous débuts, entra dans un processus de renoncement à la raison dans le but d’introduire exclusivement les critères d’une foi religieuse qui n’acceptait rien d’autre que des dogmes arbitraires. Cela eut pour conséquence que la Culture Occidentale sombra dans un Âge de déraison et de barbarie pure et simple, avec comme résultante le meurtre et l’exaction en guise de compagnons et de juges dans une société qui s’effondra dans le chaos, l’ignorance et la confusion.

    [Vous savez que beaucoup de personnes furent brûlées pendant cette époque, mais beaucoup de livres furent également détruits par le feu – voir le film « Le nom de la rose » de J-J Annaud]

      Ce n’est pas avant le 12e siècle que les Scolastiques se réengagèrent dans une étude formelle de la théologie et de la philosophie qui fut introduite en Europe à travers l’Espagne et les traducteurs arabes de Platon et d’Aristote, grâce aux grands commentaires d’Avicenne, d’Averroës et à l’interprétation métaphysique d’Aristote par Maimonide [théologien, philosophe et médecin juif du 12e siècle]. Ces traducteurs arabes alimentèrent la philosophie et la théologie Scolastiques utilisées par Albert le Grand et son disciple St Thomas d’Aquin [au 13e siècle]. Cependant, Thomas d’Aquin réalisa qu’il ne pourrait utiliser le travail d’Aristote qu’en le dégageant de l’interprétation d’Averroës, pourtant tout à fait réelle et complète, et qui avait eu un impact énorme dans les nouvelles universités de Paris, d’Oxford et de Bologne. Dans l’interprétation d’Averroës, la métaphysique portant sur l’union avec le Divin ne contenait aucune référence à la chair d’une personne incarnée [c'est-à-dire aucune référence au dogme chrétien de l’incarnation du Christ]. Thomas d’Aquin justifia cette unité grâce aux commentaires réalisés au 11e siècle par Saint Anselme, l’interprète du Néo-Platonicien Pseudo-Denys, et qui insistait sur le fait que l’union avec Dieu relevait du cas spécial de la seconde personne de la Sainte Trinité (le Fils) : la reconnaissance de l’union de la chair et de l’esprit [dans le Fils de Dieu] était alors le fait du dogme autoritaire et arbitraire de l’Église [2]. Cette interprétation eut des conséquences catastrophiques, parce qu’elle déboucha sur une nouvelle lecture et une nouvelle interprétation d’Aristote, selon une structure Scolastique, et dans laquelle le surnaturel était on ne peut plus confus et incohérent, dès qu’on abordait les propositions métaphysiques considérant « l’esprit en soi » comme susceptible de devenir la base d’une psychologie, d’une philosophie et d’une théologie véritables.

       La manière radicale dont les doctrines de l’Église ont été imposées élimina le point de vue des Anciens tel qu’il était transmis par les grands philosophes Espagnols d’origines arabe et juive. Néanmoins la tradition continua en Espagne, et le système de la Kabbale apparut comme une méthodologie de recherche permettant d’étudier les mystères de la Lumière et le mysticisme spirituel le plus pur.

      Ces doctrines, qui apparurent de manière éparpillée en Espagne et dans le sud de la France, en Provence en particulier, devinrent logiquement la préoccupation [et la cible] de l’Inquisition Espagnole aussi bien que celle de la « Sainte Inquisition Romaine ». Néanmoins, ces vérités réapparurent avec le grand mystique de l’Ile de Majorque, le Docteur Raymond Lulle (dit « le Docteur Illuminé »), avec lequel il devenait possible de se faire instruire à la « doctrine de la Lumière » et au sujet de l’unité de Dieu. Son influence fut considérable jusqu’au 18e siècle dans tous les cercles et les écoles de philosophie et de théologie, mais surtout dans l’importante tradition ésotérique de la Renaissance qui réémergea à Florence avec le Platonicien du 15e siècle, Marsile Ficin et, plus encore avec Pic de la Mirandole, qui avait obtenu une traduction érudite de textes de la Kabbale. Son interprétation aboutit à l’établissement d’une Kabbale Chrétienne d’une grande clarté – qui fut détruite et annulée par les critiques imposées par l’Église. Une fois de plus, le Platonisme dut se réfugier dans la clandestinité.

      Pendant ce temps, la philosophie de Descartes revint à la mesure de la raison en s’appuyant sur une méthodologie du doute, dans laquelle la métaphysique fut reprise en compte, mais en étant basée sur le principe de la dualité, avec la séparation du corps et de l’esprit. Cela donna naissance au rationalisme moderne, à travers Spinoza et Leibniz, et à la Philosophie Critique de Kant avec son rejet de la métaphysique comme étant seulement une réalité conceptuelle sans assise réelle au-delà de l’intellect. Après quoi survint en réaction l’impressionnant Idéalisme Romantique Allemand de Fichte et surtout de Hegel. Mais, comme cela est bien connu, cet Idéalisme tendit à se contredire lui-même par son usage d’une terminologie absolue dont la conséquence fut un abandon dévastateur d’un raisonnement sérieux et d’une logique fiable en faveur cette fois d’une attitude individualiste qui rejetait les propositions et les définitions universelles et absolues pour se pencher sur le point de vue de personnes individuelles qui ne peut pas être universel et absolu puisqu’il est au contraire particulier et relatif. Cela donna naissance au mouvement de l’Existentialisme qui établit la prééminence de l’existence [humaine] sur les réalités essentielles universelles [vous savez que le principe de l’existentialisme est que « l’existence précède l’essence]. Ce point de vue devint la question principale de l’Existentialiste Kierkegaard, ainsi que celle du Romantisme tardif qui se manifesta à travers la vision de Schopenhauer concernant la primauté du désir ou de la volonté et de leurs représentations ; cela marqua le commencement d’un mouvement pessimiste qui recherchait l’établissement de la réalisation mystique d’une réalité fondée sur le dogme et sur des règles strictes et qui, en fait, passait à côté de la vraie vie et du contenu émotionnel de la psyché humaine et de l’esprit. Cette doctrine fut suivie d’encore plus près par le compositeur Richard Wagner avec ses intentions héroïques de promouvoir un mysticisme ésotérique [de la mort et] du sang, et elle trouva sa conclusion dans la remise en cause Nietzschéenne de toutes les valeurs.

      Comme je l’ai dit précédemment, le courant de la tradition mystique continua sous la forme de la Kabbale de Pic de la Mirandole, qui fut redécouverte et réinterprétée dans sa totalité par les Ésotéristes Français, Éliphas Levi et surtout le Dr Encausse, qui écrivit sous le nom de Papus. Son interprétation de la Kabbale est sans aucun doute la plus précise, sur le plan métaphysique, et elle s’inspire du Transcendantalisme et de l’Absolutisme de Spinoza basés sur les principes de l’Esprit Unifié. Cette redécouverte coïncida avec l’explosion de l’Ésotérisme qui se produisit à travers la Kabbale Rosicrucienne et la Franc-Maçonnerie (française) originelles, ainsi que la tradition du Martinisme Chrétien, dont le dernier patriarche fut Leo Costet de Mascheville, une autorité mondialement renommée dans la Kabbale mystique et ésotérique, un enseignant reconnu et un maître en métaphysique de l’ascension spirituelle à travers la Connaissance Divine et l’acquisition de la Réalisation Ultime. J’ai eu le privilège de le connaître personnellement, ce qui fut pour moi une rencontre extraordinaire avec un vrai Maître de la Lumière.

      Le fait est que, en même temps que la croissance du mouvement ésotérique français et de ses mouvements équivalents en Angleterre, en Allemagne, en Russie et aux États Unis, où l’incursion du transcendantalisme proposé par les nouveaux Théosophes fut principalement nourri par les travaux de Madame Blavatsky, la théorie d’une race supérieure apparut, avec cette idée qu’une telle race pourrait être programmée et produite scientifiquement pour le développement d’un esprit et d’une attitude de volonté et pour l’accomplissement du « Surhomme ». Cette théorie fut alimentée par les contradictions de base entre les Absolutistes et les Matérialistes spiritualistes avec leurs rêves et leurs utopies au sujet d’un nouvel ordre mondial qui provoquerait l’apparition d’un « Homme Supérieur » complet. Cette théorie fut prophétisée et prêchée d’abord en France, puis elle explosa en Allemagne, continuant ensuite en Russie et dans certaines traditions d’Angleterre et des États Unis qui étaient moins marquées par l’idéalisme.

      J’en suis arrivé à présenter cette esquisse rapide dans le but d’attirer votre attention sur le problème principal dont nous parlons ici et qui concerne l’introduction d’une Connaissance ancienne dans la philosophie Occidentale depuis le siècle des Lumières jusqu’à l’Idéalisme Romantique Allemand, en contraste avec la pensée mystique Russe établie par Tolstoï, Dostoïevski et Soloviev. Le fait est une nouvelle fois que toute cette évolution ésotérique et cette explosion en Europe eurent pour conséquence les deux guerres les plus désastreuses au nom de doctrines et de positions politiques catastrophiques : non seulement la guerre a détruit l’Europe, mais elle a révélé en même temps l’effondrement total de la pensée Occidentale, de la métaphysique et de toute compréhension de la réalité, basée sur la vision du progrès et d’une prospérité éternelle offerts à une société et une culture raisonnables et civilisées. Cette absence totale de capacité à saisir ce qu’est la vraie transcendance eut donc pour résultats de provoquer les tragédies dont furent victimes notre culture et notre civilisation, avec en prime l’Holocauste comme dernière preuve de notre irrationalité et de notre incapacité flagrante à vivre la transcendance.

      Avec cet effondrement total, après la guerre, les doctrines de l’Existentialisme Français et de la Phénoménologie Allemande apparurent comme un vrai réconfort dans la dévastation, parce que ces nouvelles philosophies analysaient l’existence comme n’ayant pas de conséquence nécessaire et déclaraient que l’analyse de l’existence elle-même était absurde parce que l’existence devait exister pour elle-même et que, parallèlement, on devait avoir la force de contempler le « néant » ; de cela résulta une liberté absolue qui n’était pas construite, ni formée ou imposée par des compromis sociaux.

      Le débat concernant cette liberté fait désormais partie de notre monde actuel, et les noms de Wittgenstein, Sartre, Heidegger et Derrida doivent nécessairement être cités si nous avons l’intention de trouver un système métaphysique qui s’inscrit dans une nouvelle analyse. C’est bien ce que j’ai proposé avec l’analyse Trialectique, une analyse du processus de la réalité complète. Cette réalité est la base de l’enseignement Protoanalytique, une analyse du Prototype humain s’appuyant sur de stricts principes scientifiques, métaphysiques, théologiques et théosophiques.

      Ces systèmes originaux de la Trialectique et de la Protoanalyse que je propose sont rassemblés dans la structure du Scarabée d’Arica, composé de dix-huit sphères d’Existence, de Connaissance et d’Immortalité, contenant dix-huit ennéagrammes spécifiques qui décrivent le processus humain à partir de sa structure organique objective de base jusqu’à son niveau d’accomplissement humain le plus élevé.

      Comme l’auditoire peut s’en rendre compte, les gens qui ont pris ma théorie de l’ennéagramme à ses débuts, c'est-à-dire pendant les années 70 lorsque je ne faisais que commencer à la présenter, n’avaient pas la moindre compréhension de mes intentions et, il est juste de dire qu’ils ignoraient l’intégralité des éléments constitutifs de cette théorie, ainsi que leur fonction en tant qu’opérations qui peuvent être représentées dans notre esprit. Pour établir une compréhension fondamentale de l’ennéagramme, les sphères qui se rapportent aux trois Instincts doivent être clarifiées en premier, aussi bien que les effets existentiels de ces fonctions vitales liées aux besoins essentiels de notre survie et par conséquent à la formation de notre caractère moral et intellectuel.

      Ce qui en découle est une clarification radicale de notre structure interne au moyen d’expériences claires qui sont définies dans ce système ennéagrammatique ; celui-ci admet les corrélations intégrales de fonctions et d’opérations psychiques que n’importe quelle vraie formation à l’éveil de la conscience et à l’illumination exige, dans la seule perspective d’offrir à notre culture une Philosophie Intégrale aux fondements scientifiques et à la présentation métalogique, comme c’est le cas dans le Travail de l’École Arica. [Je rappelle ici qu’Arica est une association sans but lucratif reconnue d’utilité publique aux USA et qu’un prix a été décerné à Ichazo par des personnalités de l’ONU pour la valeur éducative de ses travaux].

      Pour répondre à la question sur le manque de source sérieuse, ceux qui se sont contentés de prendre le début de mes travaux sur l’ennéagramme ont développé des méthodologies erronées et réalisé des typologies inconsistantes qui, dans la mesure où elles ne sont pas basées sur des principes épistémologiques clairs, ne reposent pas sur de vraies méthodes de travail ou de pratique véritables et échouent à devenir intégrées organiquement parce que leur travail n’a pas de finalité réelle. Le seul vrai but du travail de l’ennéagramme est d’entrer dans la voie de l’illumination et de la liberté comme seule finalité de notre évolution commune, notre objectif le plus précieux étant de constituer une humanité unie, c'est-à-dire, comme nous le disons dans Arica, l’Humanité-Une.

      Le fruit du travail Protoanalytique de l’ennéagramme est une psychologie dotée d’un diagnostic établi scientifiquement qui repose sur des principes, des fonctions et des relations qui opèrent en accord avec la réalité et les conditions pratiques de la vie quotidienne en société. Ce qui en résulte est une amélioration et une clarification notoires de l’ensemble de notre réalité, physique, psychique, mentale et spirituelle. L’acquisition et la mise en valeur de ces paramètres humains contiennent en elles-mêmes le message fort selon lequel, en parvenant à connaître notre Véritable Réalité, nous nous éveillons à des niveaux encore plus élevés de plénitude humaine en acquérant, pour le bénéfice de nos sociétés, de notre culture et de notre civilisation globale une nouvelle position basée sur ce qu’est la Personne Complète, un individu intégral, ayant atteint la liberté totale que donnent la Connaissance et la Sagesse Pures.

    QUESTION 2
      L'Ennéagramme est souvent présenté de façon totalement aseptisée sur le plan spirituel. Par peur (en particulier dans le monde de l'entreprise) ou simplement par manque de connaissance réelles. Comment positionnez-vous l'Ennéagramme dans la lignée des enseignements spirituels ?

    Oscar Ichazo
      Le fait que l’ennéagramme soit souvent présenté de manière aseptisée sur le plan spirituel provient d’abord de l’idée fausse selon laquelle ce travail de l’ennéagram-me serait surtout un recueil de recettes à propos de techniques et de méthodes applicables immédiatement dans le monde de l’entreprise. Ce type de travail n’a pas de vraie base, de vrai fondement pour donner une compréhension claire de ce que les applications de l’ennéagramme signifient vraiment. Et c’est ainsi que le produit de caractéristiques improvisées et inventées sur le moment à propos de l’ennéagramme est on ne peut plus vague et incohérent. La lecture et l’interprétation popularisées de la personnalité de célébrités, par exemple, ne produit d’autres résultats que la cristallisation de l’ego. La véritable intention du travail de l’ennéagramme est tout autre : c’est la croissance et la maturation intérieure de la Vérité, du Bien et de l’Unité Parfaite du UN qui est en nous
    [on peut dire aussi – là, c’est moi qui parle – du « Je suis », comme on le fait dans certaines formes du vocabulaire spirituel ou mystique].

      Autrement, le processus est linéaire, au mieux relatif, et il ne fait que produire systèmes de croyances sur systèmes de croyances qui ne conduisent nulle part.

      Quant à la « peur » que vous évoquez vis-à-vis de l’aspect spirituel impliqué dans cette Connaissance, elle ne concerne pas le système Arica parce que ce système tout entier contient des définitions claires et complètes, des paramètres et des structures qui sont scientifiques et objectifs parce qu’ils visent, précisément, à transformer la subjectivité des gens et à leur permettre de se développer spirituellement sans compromettre leur liberté individuelle. Cela constitue la base sur laquelle tous les principes d’Arica sont établis.

    QUESTION 3
    V  ous êtes un pionnier dans l'utilisation de l'Ennéagramme, sous sa forme actuelle, que beaucoup tentent d'imiter. Nous vous devons pour cela reconnaissance, gratitude et respect. Même si les apprentis d'aujourd'hui ne sont pas souvent à la hauteur de ce qu'ils enseignent, auriez-vous des conseils à leur donner pour éviter les erreurs les plus importantes, pour ne pas dénaturer ce que vous avez transmis à travers vos ouvrages ou vos cours ? Par exemple, ce que vous conseillez d'étudier en parallèle, etc...

    Oscar Ichazo
      Les réponses aux questions précédentes couvrent cette troisième question. La seule étude suggérée serait de s’impliquer soi-même dans les enseignements et les pratiques de l’École Arica et dans l’effort commun d’apporter à notre culture et à notre civilisation des méthodes scientifiques et une métaphysique transcendante.

    QUESTION 4
      ARICA semble être un lieu secret, à l'image des écoles des Mystères d'autrefois. Cela participe-t-il de votre manière d'enseigner qui veut que l'on ne dévoile qu'à celui qui le mérite ce qui est le plus important dans un ordre précis ?

    Oscar Ichazo
      L’École Arica est un processus complètement ouvert, basé sur une éthique et des principes démocratiques, où tout le travail est disponible pour n’importe quel praticien sérieux à quelque niveau que ce soit.

      Tout individu qui est intéressé par le Travail de l’École est considéré comme ayant l’orientation nécessaire pour entrer dans ce Travail quel que soit le niveau qu’il choisisse. Le matériel théorique, les pratiques de méditation, les formations de groupe et les groupes d’études sont ouverts à tous. [J’ajouterai ici en mon nom que les seules limitations existant actuellement sont liées à la taille des groupes d’Aricains existant dans le monde, dans chaque pays ou région, et à la traduction du matériel pédagogique qui est encore limitée en France et dans certains pays].

      (Les ateliers développés actuellement à Paris 11 utilisent des traductions et du matériel pédagogique disponible, et constituent, nous le souhaitons, les prémisses d'un nouvel essor).

    QUESTION 5
      Comment voyez-vous le développement futur de l'Enseignement de l'Ennéagramme ? Et que pensez-vous des liens qui sont faits avec d'autres approches humanistes qui tentent, faute de connaissances suffisantes, de trouver le moyen de dépasser l'ego dans sa "typologie".

    Oscar Ichazo
      Très simplement, je vous dirais que l’ego n’a pas besoin d’être « dépassé », mais intégré, transformé et transcendé dans un processus quotidien de compréhension, de maturité et de prise de conscience. Sans l’approche clairement définie de la Méthode Arica, l’ego se cristallise sans possibilité de transcendance et de liberté. C’est pourquoi les enseignements futurs de l’ennéagramme devraient consister à fournir une méthode intégrale pour que l’humanité puisse atteindre son potentiel le plus élevé pour le bénéfice de tous.

    QUESTION 6
      Quelle est la question la plus importante que je n'ai pas posée ?

    Oscar Ichazo
      Toute doctrine propre à notre époque qui s’engage dans une vraie prise de conscience et un développement responsable de notre Moi Intégral doit être historiquement cohérente et répondre à la plus importante question, en réalité la seule question, qui se pose pour nous et qui est:
    « Comment pouvons-nous devenir une humanité unie, ce qui constitue, comme nous le disons dans l’École Arica, notre but le plus précieux, celui de l’Humanité-Une ? » Tel est le seul but que le travail de l’ennéagramme peut avoir et la seule question qui doit être posée pour résoudre les problèmes de survie, de dignité et de bonheur qui sont ceux de tous les êtres humains.

     Merci pour cette excellente occasion que vous m’avez donnée d’évoquer les problèmes critiques auxquels nous faisons face en tant qu’humanité dans le besoin de redécouvrir nos vraies racines et de parvenir à une Connaissance Universelle et à l’Illumination pour le bénéfice de tous.

     

    Oscar Ichazo.

    Traduction française réalisée par une équipe constituée d’Anne Shirley, Claude Gervais, Jean-Baptiste Merlin et Olivier Clouzot, sous la direction de Michel Grandguillot.

     

    ©2007 Oscar Ichazo


    [1] Les informations présentées entre crochets sont des commentaires ou des ajouts que j’ai introduits et parfois développés au cours de ma lecture de l’allocution d’Ichazo [OCL]

    [2] NOTE extraite d’une revue juive contemporaine : Les dogmes chrétiens, en centrant le thème de l’Incarnation sur une seule personne (Le Messie), en ont dépossédé, par ricochet, toutes les autres. Remarquons au passage deux choses : cette captation de l’Incarnation par un seul homme, à l’exclusion de tous les autres, est à l’origine du mouvement qui a conduit l’Eglise Romaine à confisquer la totalité de l’Esprit pour elle même, puisque c’est en tant qu’épouse unique du Christ unique qu’elle se prétend incarnation unique d’une vérité totale et unique dont elle serait la seule dépositaire et la seule médiatrice infaillible. Quand elle n’est finalement, en tant qu’institution, qu’une expression particulière et historique – un événement culturel de ce monde. Jamais dans l’histoire de l’humanité nous n’aurons assisté à pareille tentative de faire passer un particulier historique pour un universel intemporel, complet et nécessaire. 


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  • Je pense que tous les ennéagrammes dérivent (consciemment ou non) des 108 ennéagrammes qui forment un tout cohérent (et indissociable), s’inscrivent dans « les sphères de connaissance » (que l’on retrouve dans de nombreuses traditions) et dessinent un modèle proche de l’arbre séphirotique de la Kabbale.(Il y a forcément un 10 (synthèse des 9) qui va de la terre au ciel, et donc un axe traversant par le centre tous les ennéagrammes « des racines jusqu’aux branches les plus hautes »). Ce modèle est formalisé par Ichazo, dans l’approche de l’école Arica sous le nom de « Scarabée d’Arica ». (La science ne tardera pas à en fournir également une approche correspondante, et la Physique Quantique et la Cybernétique ont déjà ouvert la voie). En ce qui concerne, l’horizontalité, constatons que les « ponts » que l’on jette entre différentes techniques (PNL, AT, PCM, etc,), courent le risque de focaliser l’attention sur le doigt qui montre la lune plutôt que la lune, et de privilégier des « outils » qui ne sont pas sur le même niveau sémantique que le « plan ». Ce point de vue est développé dans l’article « La boîte de jeux » (très bientôt sur ce blog). Arrivé à un certain point, on ne figure pas l’équerre ou la règle sur le plan (d’autant que le plan s’avère être aussi une succession de « calques », pouvant également engendrer l’opacité si on ne les dispose pas dans le bon ordre… Et que de toutes façons « la carte n’est pas le territoire »). La verticalité, comme « l’ Axis Mundi », se retrouve dans l’échelle des niveaux de conscience (qui n’a rien à voir avec la pyramide des niveaux logiques de Bateson et de la PNL qui décrit plutôt les différents « étages » auxquels un individu s’installe en fonction du contexte, et concerne ainsi tout être quelque soit son niveau d’évolution). Les niveaux de conscience constituent une échelle précise très proche de ce qu’en ont « dessiné » les Bouddhistes lorsqu’ils représentent la montée vers l’état d’éveil et cette échelle montre, aussi bien par rapport au groupe social que par rapport à l’individu, quelles sont les étapes que l’on traverse (en étant soumis, comme le disait Gurdjieff, à de moins en moins de « lois », au fur et à mesure que l’on s’élève) pour aller vers l’éveil ou, si vous préférez, vers « l’individuation ». Je présente cette échelle dans mes stages, et on y retrouve les principes de la « Logique Intégrale » ou Trialectique. Même si cela dérange ou inquiète, on ne peut faire ce chemin qu’en se connectant avec « le Sacré ». Et même si l’on veut « discriminer » (tentative de l’égo de raisonner en logique formelle) c’est-à-dire séparer certains travaux de développement personnel d’une démarche sacrée (ou spirituelle), l’être humain appartenant par nature au sacré, on est, qu’on le veuille ou non, en train de se rapprocher de la lumière (même (et pourquoi pas) si cela passe au départ par une amélioration des conditions matérielles et des aspects relationnels dans nos métiers, étant conscient qu’il ne s’agit que d’étapes à dépasser)…Comme disent les Taoïstes : « Chacun vient à la rivière en son heure ».

    Tous les chemins tracés (a priori et sans avoir les clés ou le plan) pour tenter de sortir du labyrinthe, ne font que le compliquer (« ailes », « sous types », « sous-sous types », etc…). Ils ont cependant le mérite de nous ramener à chaque fois au centre, car il faudra bien confronter le « Minotaure » un jour ou l’autre ! Et il n’y a qu’une seule façon de sortir rapidement du labyrinthe… (En s’élevant… c’est-à-dire par le haut… et il est difficile de faire le travail lorsque l’on a reçu une clé tordue, ou un plan déchiré en deux !) « L’horizontalité » proposée par le fil d’Ariane, finit mal puisque le héros après avoir tué la bête (qui en est en lui) abandonnera Ariane sur l’île de Naxos et reniera sa promesse… (Désespérée, elle se jettera à l’eau). Trahison, donc, contre lui-même, et contre son double féminin qui en mourra. (Ariane est à la fois mère et épouse, initiatrice et libératrice… ). On sait comment, au cours de l’histoire, le meurtre du « féminin » a engendré le totalitarisme. (À lire ou relire : « Tête d’Or » de Paul Claudel, qui raconte exactement cela, et annonçait avant l’heure, les prémisses du nazisme). Ariane reste généreuse, et continue à proposer son « fil rouge » pour nous aider à sortir de l’impasse (C’est amusant : en informatique « les fils d’Ariane » dupliquent des fonctionnalités qui existent déjà, mais à côté desquelles on a dû passer !). Là réside le danger du combat avec l’égo, lorsqu’il n’inclut pas la dimension du sacré par le « survol » ou « 3ème plan » … Chogyam Trungpa, grand maître tibétain, appelle cela « le matérialisme spirituel » ou comment pervertir les approches sacrées pour obtenir de « l’avoir » et/ou des pouvoirs. Si les chemins possibles dans l’ennéagramme, nous rappellent « que la seule chose qui ne change pas, c’est que tout change », cela signifie aussi que si il peut y avoir évolution, il y a aussi potentiellement « involution » donc régression. Dans l’évolution, et bien heureusement, à un certain niveau, on ne peut plus séparer le profane du Sacré. Les soufis disent que les maîtres, rentrent et sortent du « Jardin » continuellement, et sans que ceux qui les entourent ne s’en aperçoivent. Puissent toutes boucles que nous faisons autour de l’ennéagramme, nous amener à rentrer dans cette spirale ascendante vers la lumière. Même s’il nous semble que nous repassons parfois par les même étapes (ou les mêmes points), comme disait Héraclite « On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve ».

    L’étoile à 5 branches (5 =  chiffre de l’homme) permet de passer aisément à l’étoile à 9 branches, (dans le « travail » les pentagrammes viennent souvent se superposer sur les ennéagrammes… À développer également dans un prochain article). L’homme de Vinci, (symbole bien connu) même s’il s’agit d’une représentation « en deux dimensions » nous indique là où se situe le croisement entre horizontalité et verticalité. Quand les 3 centres sont en harmonie, entre les 2 pôles de transmission (pôle sexuel et pôle spirituel) (3+2 =5) verticalité et horizontalité sont en équilibre.

     

     


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  •  EXTRAIT D’UN INTERVIEW D’OSCAR ICHAZO

    La structure de l’Ennéagramme, 

     les points 9-3-6 du triangle,  la structure 1-4-2-8-5-7,

    et les références à Gurdjieff et Ouspensky.

     

    • Point de vue d’Arica sur les directions, ou Flèches entre les points,

    •  La structure 1-4-2-8-5-7,

    • Quid de l'Ennéagramme de Gurdjieff, et du triangle formé par le 3, le 6 et le 9 ?

    • Théorie d’Arica par rapport aux directions

    • Cette théorie est-elle de différente de ce qui est enseigné par d'autres auteurs ?

     

    Oscar Ichazo :

    « Tous les auteurs de l'ennéagramme travaillent, ou plutôt prétendent travailler avec la structure 1-4-2-8-5-7, plus le triangle 9-3-6. S'ils désirent utiliser des flèches et des directions pour comprendre comment le processus se manifeste de manière ascendante ou descendante, ils doivent avoir recours au troisième modèle de l'ennéagramme, selon la troisième Loi de la Trialectique*, la Loi d'Attraction. 

    L'ennéagramme Gurdjieffien bien connu a été décrit par son auteur comme une combinaison de la Loi de Sept et la Loi de Trois, ce qui est connu depuis le début de la civilisation, mais c'est un fait que Gurdjieff ne parla jamais de ses sources ou de leurs origines, ce qui conduisit par la suite certains de ses disciples modernes à croire que c'est lui qui avait introduit ces lois dans la culture Occidentale. Ces lois fondamentales apparurent à plusieurs reprises dans la philosophie Grecque et Hellénique, comme on peut le voir dans les Oracles Chaldéens (200 av. Jésus-Christ selon le calendrier Julien), qui étaient respectés   comme  des  écritures canoniques. Gurdjieff relia aussi à cet ennéagramme l'échelle musicale, les jours de la semaine, et il théorisa au sujet de la triade comme constituant des "points chocs", et plus particulièrement les points où l'intervalle entre les notes musicales est prolongé et par conséquent affaibli, de telle sorte qu'elles ont besoin d'une énergie supplémentaire pour continuer en ligne droite au lieu de produire une courbe descendante vers un niveau plus bas. Dans l'ouvrage d'Ouspensky, il apparaît une explication supplémentaire sur la structure de cet ennéagramme appliquée à l'organisme humain.  Ici, il utilise une description alchimique des quatre éléments écrits à la façon des Occultistes de la fin du dix-neuvième siècle, en donnant aux quatre éléments la dénomination pseudo-scientifique de 0, N, H, et C. Gurdjieff était préoccupé par ce qu'il appelait les Hs ou Hydrogènes supérieurs. Dans le corps, ils correspondraient à l'entrée de l'oxygène dans les poumons, produisant le processus d'hématose, et cela serait le second "choc"  (point 3  de l'ennéagramme). Le "point choc" 6 est expliqué comme l'absorption d'impressions, ce qu'il n'a jamais clarifié sinon en disant qu'il s'agissait d'énergies subtiles venant de l'extérieur.

     Bien que Gurdjieff ne l’ait pas dit, cela nous rappelle clairement la théorie Atomiste de Leucippe et Démocrite. Il y a aussi l'interprétation Epicurienne des impressions qui surgissent des objets et sont absorbées par nos sens organiques, ce qui provoque en nous l'entrée d'une énergie réelle, nous mettant ainsi en rapport avec la Nature en tant que telle. Cette théorie fut également reprise par Gassendi et par l'Evêque Berkeley pour lequel l'être est ce que nous percevons. Il faut rappeler que la théorie Atomiste de Leucippe et Démocrite a été mal interprétée lorsqu'on a soutenu qu'elle fournissait une explication matérielle de la Nature Primordiale de la matière, évitant ainsi le besoin d'une explication spirituelle dérivant du soit-disant "Idéalisme" de Platon. Les philosophes français du Siècle des Lumières adoptèrent ces explications matérielles de la réalité avec une grande dévotion, et cela fut finalement accepté avec enthousiasme par la science Occidentale jusqu'à l'époque actuelle. Ce qui reste incompris, c'est que pour Leucippe et Démocrite, les atomes étaient des monades spirituelles existant en état d'unité et de transcendance parfaites : ils étaient immatériels, simples, indestructibles, et immortels, appartenant au royaume de l'esprit, de la pensée et du mental, et en aucune manière il ne s'agissait d’ « éléments matériels » ayant une forme et une dimension de quelque ordre que ce soit. L'explication que donne Leucippe est que, grâce à l'interrelation des atomes, la réalité surgit et cela n'est pas ontologiquement différent de la Monade Unique de Parménide et de l'Ecole des Eléates. En tout cas, lorsque Leucippe et Démocrite parlent de l'énergie des atomes, ils se réfèrent strictement à des facteurs spirituels. La même interprétation est re-exposée par Epicure dans le but d'écarter la Loi de Causalité en tant que matrice de la réalité et, bien entendu, l'atomisme du dix-septième siècle de Gassendi et de l'Evêque Berkeley dérive directement de ce point de vue spirituel. S'il n'en était pas ainsi, la théorie des Impressions apparaîtrait comme une description matérialiste concernant l'accumulation d'énergie spirituelle à travers un commerce matériel et sensuel, ce qui, évidemment, est totalement inadéquat. Et les transformations alchimiques dans l'organisme humain qui furent reprises par Gurdjieff et Ouspensky sans se rendre compte qu'elles étaient des métaphores de la transformation intérieure, furent utilisées à l'origine par les alchimistes Egyptiens, qui représentaient ces transformations alchimiques comme quelque chose correspondant à ce qui se produisait dans leurs fourneaux et leurs éprouvettes. Il était bien connu cependant qu'elles étaient des représentations de processus se produisant en réalité dans le corps, et néanmoins des processus d'une nature totalement spirituelle, ainsi que des transmutations transcendantales, où les éléments constituent les quatre moments différents d'un processus complet, formant une unité, comme cela est décrit dans le tetralemme du processus par la seconde Loi de la Trialectique, la Loi de Circulation. Dans la théorie protoanalytique, le modèle de ce soit-disant ennéagramme Gurdjieffien est connu sous le nom de "Sceau Chaldéen" ou Ennéagramme du Processus, et je décris le processus en termes de la conjonction entre les 6 points du temps et les 3 points de l'espace. Gurdjieff savait que c'était un modèle extrêmement important, mais il ne l'a cependant jamais décrit complètement, ne faisant à son sujet que de vagues allusions.

     Il a dit que l’ennéagramme de ce modèle décrit les sept jours de la semaine, mais il n'a jamais dit comment il fallait le lire. En fait, ce Sceau appartient à la vieille Magie Chaldéenne qui vient de la tradition Sumérienne-Acadienne (3500 av. J.-C.). L'importance du Sceau est qu'il établit les ouvertures correctes dans les séries où il est possible de transcender le temps. La compréhension complète de ce Sceau implique des méditations basées sur la transcendance mystique et métaphysique, ce qui constitue un élément de la Formation Rapide d'Arica ( disponible depuis 1997). Pour autant que nous le sachions, Gurdjieff n'a jamais connu ces méditations, qui sont basées sur l’arrêt du mental par l'usage adéquat de la coordination du temps et de l’espace pour acquérir la transcendance. Essayer de se servir de ce modèle avec des flèches et des directions revient à en faire un mauvais usage : c'est un exercice qui ne sert qu’à perdre son temps et à placer les gens dans des labyrinthes qui ne mènent nulle part.

     *Oscar appelle aussi maintenant la Logique Trialectique, la « Logique Intégrale », le terme trialectique, inventé par lui, ayant été repris (comme beaucoup de ses découvertes) par d’autres chercheurs qui l’utilisent avec des approches parfois fantaisistes et n’ayant souvent qu’un lointain rapport avec ce qu’il avait défini précisément par ces termes.

    © Oscar Ichazo.

     

     


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  • • L’ennéagramme selon Oscar ICHAZO : Invention ou découverte scientifique ? 

    Il y a un peu plus d’un an, suite à plusieurs conversations avec des passionnés français d’ennéagrammes, j’acceptai de faire quelques articles sur leur blog. Il s’agissait de transmettre modestement ce qu’il me semblait utile, aux francophones intéressés, de savoir sur les sources du travail d’Oscar Ichazo et sur l’enseignement de l’école Arica fondée par ce dernier.

    Il y a, pour l’instant, peu de textes traduits en français sur le site d’Arica, et pas mal des publications d’Oscar, (notamment certaines « Letters to the School », qui constituent plusieurs petits livres qu’Oscar publia à destination des personnes suivant son enseignement), n’y figurent pas.

    Le projet d’articles sur le blog des « enneagram-addicted français » étant resté en suspens, je reprends la tâche sur mon blog personnel, espérant rester dans mes traductions et leur présentation, le plus possible honnête et fidèle envers la pensée et le travail d’Ichazo.

     • Pour commencer voici quelques extraits d’un texte d’Oscar Ichazo tiré d’un exemplaire de « Letters to the School » en ma possession. J’espère, à travers ce texte, donner des réponses à quelques-uns des questionnements classiques résumés en ouverture de cet article. D’autre part des commentaires (espérés et bienvenus !) permettront d’orienter la suite à donner à ces articles !

    Il était nécessaire de remonter tout d’abord vers des textes et des explications qui datent de quelques décennies.

    • Je laisse donc la parole à Oscar (merci de votre indulgence pour ma traduction et la liberté prise sur le choix des extraits et de certains résumés). Ce texte est daté de décembre 1987, et vous verrez qu’il a  des résonances bien actuelles !

    _____________________________________________________________

     " Chers Frères et Sœurs,

    J’ai reçu beaucoup de lettres de membres de l’École me demandant ce que je pensais de ces livres : « The Enneagram and Prayer » par Barbara Metz, S.N.D de N. et John Burchill, O.P., et « Personality Types, Using the enneagram for Self - Discovery » par Don Richard Riso.

    Comme nous l’avions déjà remarqué dans la version plagiée des ennéagones d’Arica intitulée « The Enneagram, A Journey of Self-Discovery » par Maria Beesing, O.P., Robert J. Nogosek, C.S.C., et Patrick H. O’Leary, S.J., ces deux livres reprennent malheureusement une approche incorrecte et erronée du système d’Arica, particulièrement un mauvais usage de l’ennéagramme des fixations qui semble attirer leur attention de façon très consistante.

    Comme je l’ai dit dans mes livres et mes conférences, à propos des 9 systèmes, l’ennéagramme des fixations est la méthode de base qui permet d’ouvrir le processus de compréhension de notre psyché lorsqu’elle est encore au stade de l’ignorance, de l’arrogance et de la confusion. En premier lieu, l’ennéagramme des fixations explique qu’il y a un point parmi les 9 qui est le pivot du processus de l’ensemble de notre psyché, parce que ce point de conscience originelle est devenu fixé. Ainsi, il initiera  chaque processus à tous niveaux, et les conclura. Avant que nous ne réalisions que nous avons une vision des choses « fixée » ou figée, nous imaginons que nos vies sont pleines de changement alors que dans les faits nous ne faisons que répéter inlassablement la même chose, comme « un chien qui se mord la queue ». Dans un second temps et ceci est d’une importance énorme, c’est seulement parce que l’on a pris connaissance de notre « fixation pivot » que l’on a pu comprendre que l’on était dans un processus cyclique. Tant que nous considérons notre processus comme continu et linéaire sans comprendre les cycles de ce processus, tout ce qui nous arrive nous laisse tourmentés, agités et confus. Sans ce point de référence, « nous ne pouvons voir que la forêt est cachée par l’arbre ». Donc, la compréhension des fixations est indispensable dans le système Arica pour commencer un processus d’auto-observation : les fixations ne sont que la fondation. Jouer avec elles continuellement et sans autre but que de s’auto-gratifier en contemplant son ego (ce qui est le propos des trois livres auxquels je fais référence), est, en résumé, totalement irresponsable. Et cela n’aura qu’un résultat déplorable : une auto-contemplation narcissique de notre ego qui nous fait croire que nous maîtrisons la situation alors que nous ignorons totalement quelles sont les lois qui régissent les processus et les cycles des situations (Les lois de la trialectique).

    Lorsque l’on travaille sur les fixations de cette façon, on passe totalement à côté des deux principaux objectifs proposés par le système Arica : connaître réellement notre fixation de base et produire un processus d’auto-observation.

    Très clairement, dans le livre « The Enneagram and Prayer », les ennéagrammes, parce qu’ils sont appréhendés d’un point de vue subjectif, ne deviennent rien d’autre que des prières de l’ego, sentimentales et absurdes (prière pour la tête, prière pour le cœur et prière pour l’estomac). Cette position n’est que matérialiste et ne peut aboutir qu’à une flatterie du bas ego avec pour résultat d’ancrer encore plus fortement la fixation de base.

    C’est exactement ce que nous appelons dans la théorie d’Arica, la production et l’accouchement du « Saint-Égo » qui est un état interne d’adoration narcissique de notre ego dont les résultats produisent un gonflement de l’ego tourné vers le matérialisme et l’abandon complet de la réalité spirituelle. Ce qui ajoute à la confusion dans ces livres, c’est que tout cela est dit et fait au nom de Jésus ! ce qui en fait une confusion meurtrière, parce que, comme je l’ai déjà dit précédemment, ce n’est pas judicieux de mélanger différentes traditions dans l’intérêt évident de se faire plaisir. Cette attitude pieusement hypocrite, et faussement sacrée ne peut conduire qu’à la turpitude et à une morale matérialiste, car comme je l’ai expliqué, on élude les vrais problèmes au profit de prières égotiques sucrées et caramélisées qui ne produisent que l’inflation de l’ego ! …

    … Dans le livre de M. Riso, « Personality Types, using the Enneagram for Self-Discovery », nous trouvons également un très étrange tronc de transmission, selon lequel, supposerait-on, les ennéagrammes seraient arrivés entre les mains de M. Riso, et entre les miennes, en venant du Pamir et par l’intermédiaire d’un Jésuite Soufi (!) (Un bel anachronisme !). Je ne sais vraiment pas sur quel ton et avec quels mots je dois le dire et le répéter à tous ces gens :  Je n’ai, dans les faits, reçu les ennéagrammes de personne, soyons très clairs : de personne ! Ou prouvez-moi le contraire ! Ils s’imposèrent à moi, 108 au total, comme dans une vision, dans laquelle l’ensemble de toutes les relations internes était d’une totale clarté, et c’était en 1954 au Chili, à Santiago. Depuis lors, je n’ai pas eu besoin d’y apporter le moindre changement ou la moindre correction. Mais qui pourrait être assez naïf ou stupide pour croire qu’un système aussi complexe me serait apparu juste comme cela, de lui-même, dans son propre intérêt ? Les ennéagrammes ne me sont pas apparus comme une coïncidence ou par le fait du hasard, lors d’une balade en voiture, une chaude nuit d’été, et en regardant les étoiles. Dans les faits, leur appréhension est le résultat d’un très long travail d’investigation, d’analyse, de l’étude approfondie de la théologie, de la philosophie, du mysticisme, de notre connaissance scientifique de la physique, de la biologie, et de la médecine.

    Tant pis si cela semble excessif, mais c’est pour ces raisons que ce fut possible, parce que j’étais plongé dans le vaste champ d’un ensemble de disciplines scientifiques et interconnectées, attendu que toutes ces approches m’étaient théoriquement utiles vis-à-vis de mon principal centre d’intérêt qui était l’analyse philosophique appliquée à la Réalité Ultime. Ce fut une enquête passionnante, complètement absorbante, la recherche de la Vérité en tant que telle, des études qui ne sont pas possibles dans les universités occidentales, ni ailleurs sous l’angle d’une quelconque tradition vivante, car on doit prendre le temps qu’il faut si l’on veut approcher et comprendre ce qu’est réellement l’esprit vivant. Comme l’on peut s’y attendre, il s’en est passé des années avant d’arriver à cette synthèse des 108 ennéagrammes ! J’ai travaillé sur tous les types de séries, j’ai accordé la plus grande attention à toutes les épopées ou autres « Énéides » de la mythologie, et, bien entendu, à la théorie des nombres de Pythagore, qui est finalement regroupée dans les douze volumes des « éléments » d’Euclide.

    J’ai complété cette étude par la géométrie non-euclidienne de Bolyai et Lobachevsky, les « Modèles Atomiques » de Bohr, et la qualification de la topologie moderne des points dans l’espace. J’ai revu en profondeur les cycles des lois de Mendel et les tables périodiques de Mendeleïev et les cycles biologiques de la paléontologie. Très curieusement, on peut retrouver ces critères dans les anciens modèles de la Kabbale, de l’Alchimie et des techniques de divination basées sur les cycles (l’Astrologie, le Tarot, le Yi-King, et la Numérologie). Aujourd’hui encore, cela reste une immense surprise de voir comment cette synthèse m’est finalement apparue. Et cela m’a pris jusqu’en 1960, pour faire également la synthèse de la Trialectique, en tant que logique pouvant expliquer la mécanique quantique et la théorie de la relativité. J’ai également compris que cette nouvelle logique pouvait s’appliquer à la dynamique de n’importe quelle branche de la science moderne, et qu’une psychologie qui se baserait sur elle, pourrait, par définition, offrir une position et un système scientifique, s’appuyant sur la réalité objective, contrairement aux psychologies subjectives qui n’offrent que des positions idéologiques. Je l’ai dit et répété, je n’ai jamais considéré que la Trialectique et l’ensemble des 108 ennéagrammes étaient mon invention, mais que cela était une découverte scientifique, comme le sont toutes les découvertes scientifiques, et à ce titre vérifiable et objective. Même M. Riso dit dans son livre : «  En résumé, les ennéagrammes, ça sonne juste. Plus une typologie est précise, plus il est juste de sentir que les catégories qu’elle emploie ne se sont pas imposées artificiellement à la nature humaine, mais reflète quelque chose de réel de la nature humaine elle-même. Nous sentons que ces catégories ont plutôt été découvertes qu’inventées ». "…etc…

    ©Oscar Ichazo-1987.

     ____________________________________________________________

    • Ichazo rappelle ensuite que M. Riso, dans ses publications, affirme que pour que l’ennéagramme devienne réellement utile au plus grand nombre, il ne faudrait pas qu’il soit aussi négatif et déprimant  et que les types de personnalité devraient décrire l’ensemble de la personne et pas seulement la partie névrosée.

    • Ichazo va alors démontrer de nouveau, comment la mauvaise interprétation, toujours partielle de ses plagiaires, ne leur a pas permis de comprendre ce qui se passait lorsque l’on avait brisé l’influence négative de la fixation, et que tout travail sérieux se devait de commencer comme cela. Le piège de la fixation (the trap), pouvant alors devenir la porte (la trappe !) de transcendance par laquelle la personne transforme la fixation pivot, en chemin d’éveil !

    •  Je développerai, dans de prochains articles, et toujours à travers des traductions possibles ou disponibles, quelques idées de base du système Arica et des ennéagrammes d’Oscar Ichazo.

    • Mais je conseille à tous les intéressés, d’aller, d’ici-là visiter le site d’Arica dont un lien est présent sur mon blog.

    • Vous verrez, qu’au-delà des critiques parfois un peu acerbes et sans pitié qu’Ichazo fait à ses plagiaires, il ouvre grand la porte à toutes les personnes et chercheurs sincères qui n’ont glané une partie de son enseignement et qui souvent ne connaissent pas l’ensemble de son système (et surtout la Logique Trialectique, qu’il appelle parfois et depuis peu « Logique Intégrale », logique qui donne tant de clés pour comprendre l’ennéagramme profondément dans sa dimension holistique vivante et spirituelle …  et dans l'approche des processus !).

    À suivre…


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